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LE GHANA
Un an après l’abrogation par le gouvernement du Président
John Agyekum Kufuor, un leader favorable aux médias, de la
loi pénale du Ghana sur la diffamation, l'Etat a en mars
imposé la censure sur les reportages relatifs aux troubles
inter-ethiniques déclenchés le meurtre d’un
roi tribal et plusieurs de ses partisans dans la région de
Dagbon, au nord du pays. Kufuor a déclaré l'état
d’urgence, qui était encore en vigueur à la
fin de l’année, et le Ministre de l'information a annoncé
qu’à moins que la presse ne publie des articles basés
sur les communiqués de presse officiels, les journalistes
seraient invités à faire approuver leurs articles
sur le conflit au Dagbon par le Ministère.
Au départ, les organes de presse n’étaient pas
d’accord sur le respect de ces restrictions. En fin de compte,
toutefois, la plupart des journalistes ont largement ignoré
les règles sans vraiment être soumis à la censure
des autorités.
Le Ghana compte plusieurs publications privées et publiques,
bien que la plupart soient basées près de la capitale,
Accra, et à Kumasi, une ville de la région centrale
du pays. Outre les deux stations de radio d'Etat, il existe plus
d'une douzaine de stations FM privées qui émettent
pratiquement sans ingérence de l'Etat.
L'Association des journalistes du Ghana, un comité d'éthique
des médias créé en 2001, a réussi à
assurer la médiation de plusieurs affaires en 2002 qui seraient
normalement passées devant les tribunaux. Le comité
a entendu des plaintes relatives à la publication de pornographie
et à la corruption chez les journalistes. Il a également
entendu une affaire qui lui a été présentée
en décembre 2001 par le Ministère de la défense
contre le Ghanaian Democrat, que le Ministère accusait de
« concocter régulièrement des articles sensationnels
sur les forces armées du Ghana ». Pendant la médiation
qui, selon les deux parties était équitable et équilibrée,
les rédacteurs en chef se sont plaints de la difficulté
d’avoir accès aux informations militaires alors que
l’armée avait promis une communication ouverte avec
les membres des médias.
En mars, Margaret Amoakohene, commentatrice et conférencière
à l'Ecole des études de communication de l'Université
du Ghana et Kweku Baako Jr., le rédacteur en chef du Crusading
Guide, ont reçu des menaces de mort à deux reprises
apparemment en réponse à leur position critique vis-à-vis
de la famille de l'ancien président du Ghana, Jerry Rawlings.
Les enquêtes policières impliquaient Victor Smith,
l’un des principaux aides de Rawlings. L'affaire est passée
devant le tribunal en juillet et Rawlings a nié toute participation
aux menaces. Smith maintient que bien « qu’il ait rédigé
certains points » d’une « lettre ouverte »
aux journalistes qui avaient critiqué Rawlings, il n'avait
pas conspiré pour attaquer qui que ce soit. L'affaire n’était
pas encore close à la fin de l’année.
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