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L'Indice d'impunité du CPJ en 2014 : un rapport qui met en lumière les pays dans lesquels les assassins de journalistes échappent à la justice.

En Somalie, La presse est confrontée à des risques croissants. Sur la photo, les journalistes patientent devant le palais présidentiel. (Reuters/Feisal Omar)

New York, le 15 avril 2014--Le Comité pour la protection des journalistes a aujourd'hui exhorté les autorités camerounaises à libérer un journaliste qui est emprisonné depuis le 29 mars après avoir été reconnu coupable de diffamation. Vendredi dernier, un juge a reporté indéfiniment une audience chargée de statuer sur la libération sous caution du journaliste, selon des médias.

Borja Bergareche et Jean-Paul Marthoz / CPJ Europe avec le personnel du programme d'Asie centrale

La tendance du Maroc d'utiliser les accusations de terrorisme contre des journalistes et des organes de presse, qui effectuent des reportages sur des groupes extrémistes, s'est propagée à l'Espagne, où, à la demande du gouvernement marocain, les autorités espagnoles enquêtent sur le journal El País et sur l'un de ses journalistes..

Les rapports de première ligne et les essais analytiques par les experts du CPJ portent sur un éventail de sujets d'importance cruciale pour les journalistes. Les gouvernements stockent des données transactionnelles et le contenu des communications des journalistes. Les médias sont influencés par l'argent des annonceurs. En Syrie, les journalistes sont déterminés à distribuer les nouvelles au milieu du chaos d'un conflit. Au Vietnam, le gouvernement tente farouchement de placer l'Internet sous contrôle. Et à l'échelle mondiale, l'élimination des témoins est devenue une méthode trop facile d'entraver justice lorsque les journalistes sont assassinés.

Bien que les élections générales en juillet se soient déroulées dans une atmosphère beaucoup plus calme que celle des élections de 2008, le paysage des médias d’information est toujours dominé par les médias d'État. Les journalistes et les défenseurs des droits humains ont été fréquemment la cible d'agressions et de brèves détentions. L'élection a consacré la mainmise de Robert Mugabe, âgé de 89, sur le pouvoir. Son parti a remporté deux tiers des sièges au parlement : une porte ouverte à d’éventuelles modifications de la constitution récemment adoptée du pays. Aucun journaliste n’était en détention au moment des élections, mais une mission d'observation des éditeurs d'Afrique australe n’a pas obtenu d'accréditation pour couvrir le vote. Les autorités ont maintenu un contrôle sévère sur les stations de radio qui constituent le principal moyen de communication pour les Zimbabwéens, dont la plupart vivent dans les zones rurales. Bien que deux stations de radio urbaines commerciales aient été autorisées au milieu de l’année 2012, les stations de radio communautaires n’ont pas été autorisées à émettre, et les appels lancés en faveur de l'octroi de licences supplémentaires pour la création d’autres radios commerciales sont restés sans suite. Malgré les nouvelles dispositions constitutionnelles qui garantissent la liberté d’expression des médias et les libertés civiles, les lois répressives telles que la Loi sur la sécurité de l'information et la protection de la vie privée, la Loi sur l'ordre et la sécurité public, et la Loi sur le droit pénal (codification et réforme), demeurent en vigueur.

Les promesses de création d’un environnement médiatique libre par le Front patriotique, qui a remporté les élections en 2011, (après une campagne au cours laquelle le parti avait promis une plus grande liberté pour les médias audiovisuels ainsi qu’une loi favorisant l'accès à l'information) n’étaient toujours pas tenues fin 2013. Les journalistes ont opéré avec prudence, de peur de s’attirer le courroux des autorités, et les membres du personnel de publications publiques, risquaient la retraite anticipée ou le redéploiement à des postes bureaucratiques, pour n’avoir pas suivi la ligne du parti. En 2013, au moins cinq journalistes se sont attirés des accusations pénales. Tous avaient fait des reportages critiquant le gouvernement.

Alors que le gouvernement somalien élu en 2012, a tenté de mieux contrôler et d’améliorer la sécurité, les attaques contre les journalistes se sont poursuivies. Selon des medias, au moins cinq journalistes ont été agressés par des milices vaguement liées au gouvernement. Le CPJ a documenté les cas de quatre journalistes tués, en relation directe avec leur travail en Somalie, une amélioration par rapport à 2012, qui a été l'année la plus meurtrière pour les journalistes avec 12 victimes. En début 2013, le premier ministre somalien a créé une commission chargée d’enquêter sur les cas de journalistes tués, mais, en fin d’année, peu a été fait. La communauté internationale a condamné les graves défaillances du système judiciaire somalien, après qu'un tribunal a emprisonné le journaliste indépendant Abdiaziz Abdinuur pendant 66 jours, pour avoir interviewé la victime d'un viol présumé. La victime a affirmé que des éléments des forces de sécurité en étaient les auteurs. Le personnel d'un quotidien dans la région semi-autonome du Somaliland connu pour sa ligne éditoriale critique, a également été harcelé au cours de l'année : le directeur a été agressé, le journal suspendu temporairement en juin, puis à nouveau indéfiniment en décembre. Le rédacteur en chef et le directeur de publication ont été brièvement emprisonnés pour diffamation. Les charges ont ensuite, été abandonnées. En décembre, une nouvelle loi sur la presse, considérée par les journalistes locaux comme progressive, a été adoptée dans la région semi- autonome du Puntland.

En 2013, les attaques contre la presse ont augmenté. L’agitation politique et les affrontements interethniques qui ont précédé les élections législatives maintes fois retardées, ont grandement contribué à ce climat. Le vote, qui a eu lieu le 28 septembre, a vu la victoire du parti du président Alpha Condé. Des journalistes ont été menacés et agressés alors qu'ils couvraient les activités pré-électorales. Certains affirment que les assaillants appartenaient aux forces de sécurité ou à des sympathisants de partis politiques. Des journalistes, qui se sont retrouvés pris entre les partisans de Condé, -appartenant majoritairement à l'ethnie malinké, - et les militants de l'opposition, pour la plupart de l’ethnie Peul, ont été accusés d'espionnage pour le compte de partis politiques. Les autorités et les forces de sécurité favorables à Condé, ont fermédes stations de radio, suspendu et détenu le personnel, et empêché les journalistes de couvrir les activités de la tournée préélectorale de Condé. Des recherches menées par le CPJ révèlent qu’en dépit des agressions perpétrées contre de nombreux journalistes, depuis 2008, personne n’a été reconnu coupable.

En 2013, les violations de la liberté de la presse, notamment les agressions, les arrestations arbitraires, les détentions et la censure à travers le pays, ont diminué par rapport à l'année précédente. Cependant, plusieurs journalistes ont été agressés au cours de l'année. La province orientale du Nord-Kivu, où les combats ont opposé les forces gouvernementales à des groupes rebelles, a été, selon des recherches menées par le CPJ, la région la plus dangereuse pour les journalistes. Les autorités locales et les rebelles ont censuré des radiodiffuseurs et harcelés des journalistes locaux et internationaux pour leurs reportages sur le conflit. L'organe public de régulation des médias a suspendu des émissions de radio - ainsi que les journalistes - qui diffusaient des commentaires critiques à l’égard des autorités. En janvier, plusieurs militaires ont été mis en examen dans le cadre d'une attaque contre une station de radio communautaire. Bien que la raison de l'attaque n'ait pas été établie, rappelons que la station avait diffusé plusieurs reportages critiques à l’égard de l'armée.

Bien que les attaques contre la presse aient diminué par rapport aux années précédentes, les autorités ont continué à sévir contre les journalistes pour leurs reportages critiques. Des policiers ont été accusés d'être les auteurs d'un tiers des agressions. Le gouvernement a été l’instigateur de la plus longue suspension arbitraire de la presse au cours des dernières années, après que la police a fait une descente dans les studios de deux quotidiens, The Monitor et Red Pepper, et les a réduits au silence pendant 10 jours. Deux stations de radio logées dans les mêmes locaux ont également été suspendues. Pendant une semaine, la police ne s’est pas conformée à une ordonnance du tribunal autorisant les quotidiens à reprendre leur édition. En juillet, le général Aronda Nyakairima, ministre de la sécurité intérieure alors nouvellement nommé, a déclaré à la presse locale qu'il ferait appliquer de plus strictes politiques de régulation des médias et indiqué qu'il surveillerait de près les publications qui avaient été suspendues antérieurement. Les autorités ont continué de censurer les journalistes, les empêchant de couvrir des sujets d’intérêt public. En août, le Parlement a adopté le Projet de loi sur la gestion de l'ordre public, qui pénalise les réunions publiques sans autorisation expresse de la police, et qui est considérée par les organisations locales et internationales de défense de la liberté de la presse et de la société civile, comme un outil de répression des rassemblements de l'opposition et de la couverture médiatique.

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