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Au Mali, une radio est visée pour cause d’émissions critiques alors que la course aux élections commence

New York, le 12 mars 2007— Une station de radio privée de Markala, au centre du Mali, a reçu un avis d’expulsion des autorités la semaine dernière, après avoir diffusé des émissions critiquant le président Amadou Toumani Touré en vue des élections du mois prochain.

Radio Jamakan, était jusqu’alors logée dans le complexe détenu par l’Office du Niger (ON), une agence gouvernementale qui dirige des projets d’irrigation. La radio a reçu l’ordre de « rendre les lieux d’ici le 31 mars » d’après le quotidien privé Les Echos dans la capitale Bamako. Selon des journalistes de la région qui se sont confiés au CPJ, cette action était liée aux émissions du 3 et 4 mars qui portaient sur une conférence du parti politique FDR, le principal groupe d’opposition qui conteste la candidature pour un second mandat de Touré lors des élections présidentielles du 29 avril prochain.

C’était la deuxième fois en neuf mois que la station basée à Markala, à 318 kilomètres au nord de Bamako, a subit des représailles officielles a la suite de reportages critiques du gouvernement alors que les élections du mois prochain se rapprochent, d’après des journalistes des environs.

« Nous sommes troublés par cet avis d’expulsion suivant les reportages critiques de Radio Jamakan » a dit Joël Simon, le directeur exécutif du CPJ. « Tout au moins, les autorités devraient donner à la station de radio un temps suffisant pour trouver de nouveaux locaux. »

L’attaché de presse de l’ON, Moustapha Maïga a nié un lien quelconque entre les émissions et l’avis d’expulsion, disant au CPJ que tous les locataires du complexe de 20 immeubles, y compris la radio privée Radio Deje, seraient « éventuellement » tenus de quitter les lieux pour permettre un projet d’irrigation de grande ampleur. Il n’a cependant pas pu confirmer si oui ou non les autres locataires avaient reçu des avis similaires.

« C’est une réaction très basse de la part de l’ON et je la condamne. Il n’est pas raisonnable de penser que l’on peut déménager une station de radio du jour au lendemain, comme si c’était un boutique de prêt-à-porter » a dit au CPJ Yaya Sangaré le président de l’Union des radios et Télévisions Libres du Mali (URTEL).

L’été dernier, l’ON avait soudainement annulé un accord fournissant de l’électricité à la station, qui fonctionne maintenant à l’aide d’un générateur, ont divulgué des journalistes et des reportages régionaux. Ce fait est survenu deux jours après que la station ait diffusé le 15 juillet 2006 une conférence de groupes d’opposition critiques de Touré, a dit au CPJ le directeur de la station Abdoulaye Sagara. La décision de l’ON a été déclenchée par les coûts élevés du service, a dit Maïga au CPJ.





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