AFRIQUE DU SUD
• En
janvier, le journaliste freelance Hein Coetzee a été arrêté après un reportage
sur la brutalité de la police lors d'une descente dans la partie Est du Cap.
Dans son article, publié dans le journal local Kaapse Son, Coetzee a accusé la police de mauvais traitements,
gifles et menaces à l'encontre de la population. Il a été inculpé de plusieurs
crimes avant que ces charges soient finalement toutes abandonnées.
ANGOLA
• En octobre, trois journalistes de Rádio Nacional de
Angola, média public, ont été suspendus sine
die après avoir mis en question les choix ministériels du président José
dos Santos. Le président avait nommé les ministres après que son parti, le
Mouvement populaire pour la libération de l'Angola, avait remporté un
raz-de-marée aux élections législatives de septembre. Le commentateur politique
Victor Silva, le présentateur Amilcar Xavier et le rédacteur en chef Andeiro
João ont été suspendus de leurs fonctions, a annoncé le média d'Etat.
BURUNDI
• Jean-Claude
Kavumbagu, directeur de l'agence de presse en ligne Net Press, a été arrêté le
11 septembre et inculpé pour diffamation, selon des journalistes locaux et
Human Rights Watch. Philipe Nzabonariba, un haut fonctionnaire, a déposé
plainte contre lui après un article, publié le 10 août, critiquant la somme
dépensée pour le voyage présidentiel aux Jeux Olympiques de Pékin. Kavumbagu a
fait appel, mais aucune date de procès n'a été fixée. Il est détenu à la prison
centrale de Mpimba, dans la capitale Bujumbura.
COTE D'IVOIRE
• En
février, le Conseil national de l'audiovisuel a suspendu sine die la diffusion en FM de Radio France Internationale, financée
par le gouvernement français. Franck Kouassi, secrétaire général du Conseil, a
dit qu'il avait agi ainsi car la station n'avait pas désigné de correspondant
permanent dans le pays. Les autorités ont levé l'interdiction en mai après la
nomination de Norbert Navarro comme correspondant. Navarro est le premier
correspondant permanent de la station depuis l'assassinat de Jean Hélène, en
2003.
• En août,
le parlement a adopté à l'unanimité une législation contre la xénophobie, le
racisme et le tribalisme. Cette mesure prévoit des peines de prison allant
jusqu'à 20 ans pour des infractions commises par tout média, selon la presse
internationale. Certains militants des droits de l'homme ont exprimé leur
inquiétude sur les abus possibles des dispositions de la loi formulées en termes vagues, selon
Inter-Press Service.
GABON
• En mars,
le Conseil national de la communication, organe d'Etat, a suspendu le
bimestriel privé Tendance Gabon pour trois mois après l'avoir
accusé de mener « une campagne de dénigrement » contre le président
Omar Bongo, selon des journalistes locaux. Le journal avait reproduit un
article sur les biens de Bongo en France, d'abord paru dans le quotidien
français Le Monde.
• Claude Ada Mboula, caméraman à la station privée Télé Africa, a été hospitalisé en avril après que la police l'a agressé au cours d'une marche antigouvernementale dans la capitale Libreville, selon la presse et des journalistes locaux. Les agents ont saisi sa caméra après qu'il a filmé la police en train de rosser le dirigeant d'une manifestation contre la hausse des prix. Mboula a eu trois côtes cassées, selon la presse.
GHANA
• En août,
la police a investi les bureaux de la station pro-opposition Radio Gold FM à
Accra et a battu trois membres du personnel, selon la Fondation pour les médias
d'Afrique de l'Ouest. La descente a eu lieu après que la radio a interviewé un
militant du Parti national des patriotes, au pouvoir, qui était accusé de
fraude pendant les élections locales. La police a nié être responsable de l'attaque,
affirmant avoir simplement visité la station après avoir reçu un appel pour
cambriolage.
GUINEE
• Le
Conseil national de la communication, organe d'Etat, a suspendu pour trois
mois, à compter de début janvier, les hebdomadaires privés La Vérité et L'Observateur. Il
a aussi été interdit à sa direction de travailler en tant que journalistes
pendant cette période. Le conseil a accusé ces journaux de
« continuellement publier des articles insultants, méprisants et
diffamatoires » de nature à « manipuler l'opinion publique ». La
direction de ces journaux a déclaré au CPJ que cette décision était liée à des
articles critiques à l'encontre de hauts responsables du gouvernement.
LESOTHO
• L'Autorité
pour la communication a suspendu pour trois mois à partir de juillet la station
privée Harvest FM, selon l'avocat de cette radio, Haae Phoofolo. Cette décision
fait suite à des plaintes en diffamation déposées par deux responsables du
gouvernement. Le chef de la police Malejaka Letooane a porté plainte contre la
station après qu'elle a rapporté qu'un suspect était mort en garde à vue.
L'autre plainte est venue d'un haut responsable du ministère de la
Communication, Tseliso Mokela, qui a dit que le populaire talk show de la
station, « Lève-toi et brille », était critique à l'encontre de son
ministère.
NAMIBIE
• En février, le
gouvernement a annoncé un plan visant à établir un Conseil des médias afin
d'observer la déontologie de la presse et de répondre aux plaintes du public à
propos de ses reportages. Netumbo Nandi-Ndaitwah, ministre de l'Information et
de l'audiovisuel, a fait l'annonce en accord avec un projet de résolution par
le congrès du parti Swapo, au pouvoir. Fin 2008, cependant, le gouvernement
n'avait pas encore donné de suite à l'établissement du conseil.
• Le 5 août, les Namibiens se
sont réveillés avec la nouvelle de la mort de Hannes « Smittie »
Smith, journaliste de premier plan, cofondateur et rédacteur en chef de
l'hebdomadaire Windhoek Observer. Il
a succombé à la maladie d'Alzheimer, à l'âge de 75 ans. Smith, qui a passé
trente ans au Windhoek Observer,
s'était élevé contre l'injustice à une époque où il n'était pas bien vu de le
faire. Il avait souvent été en conflit avec la hiérarchie afrikaner, pendant
l'ère de l'apartheid.
NIGERIA
• En février, dix hommes armés
se sont immiscés dans un atelier de travail où étaient réunis une quarantaine
de journalistes à Iyaganku. Déguisés en participants du séminaire, les
agresseurs ont tabassé les journalistes et leur ont volé leurs biens, selon la
presse locale. Aucune arrestation n'a eu lieu, selon le journal The Vanguard.
• En avril, quatre
réalisateurs américains de documentaires et un citoyen nigérian ont été arrêtés
par l'armée nigériane dans l'Etat du Delta. L'équipe de tournage, venue de
Seattle, a passé une semaine en prison sans être inculpée, selon le réalisateur Sandy Cioffi. L'équipe réalisait un
documentaire sur le conflit entre le gouvernement et les groupes armés dans la
région du delta du Niger, riche en pétrole.
• En août, des agents de la
sécurité d'Etat de la ville méridionale de Port-Harcourt ont détenu le
réalisateur américain freelance Andrew Berends et son interprète nigérian
Samuel George. Berends a été libéré après 36 heures mais a été contraint de
subir dix jours d'interrogatoires avant d'être expulsé. George a été libéré
après cinq jours de détention mais a été interrogé pendant trois autres
semaines. Un porte-parole de l'armée a déclaré que les deux hommes étaient
détenus après avoir filmé un déploiement de l'armée nigériane sans
autorisation, affirmation que Berends récuse.
• En octobre, les agents de la
sécurité d'Etat ont arrêté le blogueur politique
Jonathan Elendu alors qu'il se présentait à l'aéroport d'Abuja en provenance
des Etats-Unis. Elendu, rédacteur en chef du site Internet ElenduReports, basé à Lansing, dans l'Etat du Michigan, a été
maintenu au secret et sans inculpation pendant dix jours, bien au-delà de la
limite de 48 heures fixée par la loi nigériane sur la détention préventive. Le
porte-parole des services de sécurité, Kenechukwu Onyeogu, a déclaré au CPJ
qu'Elendu avait été « invité » à un interrogatoire sur des questions
de sécurité nationale liées à ses reportages. Interrogé par le CPJ après sa
libération, Elendu a dit que les agents l'avaient questionné sur ses liens
présumés avec le blog politique nigérian SaharaReporters,
ses sources d'information, son financement et ses opinions politiques.
• Le même
mois, des agents de la sécurité ont interpellé le blogueur politique Emmanuel Emeka Asiwe
alors qu'il arrivait à l'aéroport de Lagos en provenance des Etats-Unis. Un
porte-parole des services de sécurité a dit au CPJ que Asiwe, rédacteur en chef
de HuhuOnline, basé à Arlington, dans
le Massachusetts, a été « interrogé sur des questions de sécurité
nationale ». Il a été libéré sans être inculpé après avoir été maintenu au
secret pendant huit jours. Asiwe a reçu l'ordre de se présenter régulièrement
aux services de sécurité, selon l'avocat de la défense Babalola Akimwumi.
REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
• Les autorités de la capitale Bangui ont détenu Faustin
Bambou, rédacteur en chef de l'hebdomadaire privé Les Collines de l'Oubangui, à cause d'un éditorial alléguant de
détournements de fonds publics. Mis en prison, Bambou a été inculpé
d'incitation aux troubles, révolte contre les institutions publiques et
diffamation. Il a été condamné à six mois de prison, mais a été relâché sur
grâce présidentielle après 43 jours d'emprisonnement, selon la presse et des
journalistes locaux.
REPUBLIQUE DU CONGO
• En juillet, la police de Pointe Noire a détenu pendant une nuit Christian Perrin, directeur de l'information à Télé Pour Tous. Perrin a été inculpé pour diffusion de fausses nouvelles et d'incitation à la révolution à cause d'un débat politique dans lequel les participants ont comparé le président Denis Sassou-Nguesso au président zimbabwéen Robert Mugabe. En août, un tribunal de Pointe Noire a condamné Perrin à une amende de 500 000 francs CFA (1 100 dollars US), selon son avocat.
SIERRA LEONE
• En octobre, le directeur ainsi qu'un membre du personnel de la Société pour les initiatives démocratiques (SDI), un groupe sierra léonais de défense des médias, ont reçu des menaces de mort après la publication d'un rapport sur la situation de la presse.
• Emmanuel Saffa Abdulai, directeur de la SDI et John Baimba Sesay, chargé de l'information, ont reçu des menaces téléphoniques presque tous les jours en octobre, a déclaré Abdulai au CPJ. Les menaces sont intervenues après que la SDI a publié un rapport intitulé « L'état des médias en Sierra Leone : l'année du gant de velours ». Ce rapport a été largement diffusé parmi les médias nationaux. La SDI a déposé plainte auprès de la police, a dit Abdulai.
TANZANIE
• Le
ministre de l'Information a interdit l'hebdomadaire privé MwanaHalisi pour une période de trois mois, à compter d'octobre,
pour « incitation à la haine publique envers le président ». La
police a aussi interrogé le directeur de la rédaction du journal, Saed Kubena
et l'a inculpé pour sédition. L'affaire fait suite à un article de Une
décrivant un complot présumé visant à évincer le
président Jakaya Kikwete, selon le ministre de l'Information, George Mkuchika.
Fin 2008, cette poursuite pénale demeurait pendante.
TCHAD
• En janvier, la police de la capitale Ndjamena a fermé FM Liberté, une station
lancée par des militants locaux des droits de l'homme. Lazare Djekourninga
Kaoutar, directeur, a été détenu pendant deux jours et relâché sans être
inculpé, selon la presse et des journalistes locaux. La police a accusé les
responsables de la radio de diffuser des « fausses » nouvelles après
la lecture sur les ondes d'une pétition sur les pratiques de corruption dans la
délivrance des cartes d'identité nationales. La station a été autorisée à
émettre à nouveau en juin.
• En
février, après une attaque rebelle meurtrière sur Ndjamena, les autorités ont
interdit la couverture de la rébellion armée et toute information
« mettant en danger l'unité nationale », dans le cadre d'un état
d'urgence décrété sur l'ensemble du pays. Le ministre de la Communication de
l'époque, Hourmadji Moussa Doumgor, a dit que ces restrictions étaient des
mesures justifiables en temps de guerre et a accusé les journaux indépendants
d'être des « relais des agresseurs », selon la presse et des
journalistes locaux. Craignant les représailles du gouvernement, au moins 14
journalistes indépendants ont provisoirement pris la clandestinité au Cameroun
et au Nigeria voisins, selon l'enquête du CPJ. Le même mois, le président
Idriss Déby a publié un décret qui rend effectivement passible de poursuites
pénales tout reportage critique sur des sujets sensibles comme la rébellion
armée et les relations interethniques.
• En mars,
le gouvernement a retiré sans explication son permis de travail à la
journaliste française freelance, Sonia Rolley, la contraignant à quitter le
pays, selon la presse internationale. Rolley était la seule correspondante
étrangère permanente à l'époque. Dans un entretien téléphonique avec le CPJ en
juin, le ministre de la Communication Mahamat Hissène a déclaré n'avoir aucune
information au sujet de l'expulsion de Rolley.
TOGO
• En
février, la Haute autorité sur l'audiovisuel et la communication a interdit sine die tout commentaire par Daniel
Lawson-Drackey, journaliste à Nana FM et militant de la presse. La décision
incrimine Drackey de violation de la déontologie journalistique sans pour
autant donner de détails. Des journalistes locaux ont dit au CPJ penser que la
décision est une tentative de réduire au silence Drackey à cause de ses
opinions critiques envers le gouvernement.
SYNTHESES PAR PAYS
Analyse Cameroun Ethiopie Kenya Niger Ouganda République Démocratique
du CongoRwanda Sénégal Somalie Zimbabwe Attaques contre la presse: En bref

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