Trois candidats sont favoris pour cette élection âprement disputée qui désignera le successeur d'Omar Bongo, décédé en juin dernier après 41 ans de règne. Ces candidats sont : Ali Ben Bongo, fils du défunt président; le chevronné leader de l'opposition, Pierre Mamboundou et André Mba Obame, un ancien ministre de l'Intérieur. Pendant que toutes les tendances s'activent pour influencer l'opinion publique en attendant l'annonce des résultats officiels du scrutin mercredi, leurs partisans exercent une pression intense sur les médias locaux et internationaux.
Le jour du scrutin par exemple, le signal de TV
+, la chaine de télévision du candidat
Obame, est soudainement coupé suivant la diffusion d'une interview en 2005 avec
feu le président Bongo, selon des journalistes locaux et l'Agence
France-Presse. Le président du Conseil national de la
communication (CNC), l'organe national de régulation des médias au Gabon, n'a
pas directement confirmé si le gouvernement était responsable de cette coupure,
mais a déclaré que l'interview de Bongo constituait une « propagande » en
violation de la loi réglementant la campagne électorale, selon l'AFP et des
journalistes locaux. Dans cette interview, Bongo affirmait que le pays n'était
pas une monarchie.
Ce mardi, Africa 24, une chaîne internationale par satellite basée en
France, rapportait que son équipe de journalistes à Libreville, la capitale
gabonaise, avait été sommée de quitter le pays immédiatement. Plus tard dans la
journée, Thierry Hot, le directeur de l'information de la chaîne, rapporte au
CPJ que sa salle de rédaction avait effectivement reçu un appel de Christophe
Othamot, le secrétaire général du ministère gabonais de la Communication. Ce
dernier aurait accusé Africa 24 de couverture tendancieuse et menacé de refuser
l'accréditation à cette chaîne à l'avenir. Le ministre gabonais de l'Intérieur
a par la suite démenti cette information et Africa 24 a pu terminer son séjour au
Gabon, selon Hot. Les menaces étaient liées aux reportages de la station sur des tendances
du vote qui étaient défavorables au candidat du parti au pouvoir, selon des
journalistes locaux.
Mr. Othamot du ministère gabonais de la Communication aurait également ordonné à une société de distribution de journaux de ne pas mettre sur la marche l'édition du 11 août du bimensuel privé Tango, selon le directeur de publication du journal, Blaise Menue Mena et des journalistes sur place. La société, Soga Presse, aurait ainsi été sommée de retenir les 1.500 exemplaires de Tango au vu de photos montrant la police bastonnant des manifestants de l'opposition le 7 août dernier, a-t-il dit. L'Observatoire gabonais des médias (OGAM), un organe d'autorégulation des organes de presse, a condamné cet acte, soulignant que seul le CNC est habilité à suspendre les médias.
Avant
le scrutin présidentiel, les autorités gabonaises ont refusé des délivrer des accréditations
à des journalistes internationaux de médias français--notamment ceux de la
chaîne de télévision internationale France 24 et
l'hebdomadaire L'Express. Ces
deux medias se sont jadis distingués par leurs reportages pénétrants sur l'état
de santé et la richesse de feu le Président Bongo, selon les recherches du CPJ.
Parmi les journalistes qui se sont vus refuser l'accréditation, figurent Virginie Herz et
Nicolas Germain de France 24, Vincent Hugeux de L'Express, et Gervais Nitcheu de l'agence
AITV, selon les
mêmes sources.
La
semaine dernière déjà, la ministre gabonaise de la Communication, Laure Olga Gondjout, qui est également
la porte-parole du candidat présidentiel Ben Ali Bongo, avait annoncé une série
de directives limitant l'accès de la presse aux bureaux de vote, selon des médias sur
place. Ces directives n'ont pas été appliquées, d'après des journalistes locaux.
« Au lieu de soutenir la couverture médiatique
de l'élection présidentielle pour assurer une bonne transparence, le ministère
de la Communication semble arbitrairement
harceler et censuré des journalistes locaux et étrangers », a déclaré le
directeur de la section Afrique du CPJ,

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