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Les meurtres non élucidés de journalistes: Indice de l’impunité du CPJ en 2010

Mukhtar Mohamed Hirabe, assassiné le 8 juin 2009 à Mogadiscio en Somalie. (NUSOJ)New York, le 19 avril 2010—La violence meurtrière, impunie contre la presse s’est accrue aux Philippines et en Somalie, selon un nouvel Indice de l’impunité du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans son l’indice représente une liste des pays où les journalistes sont tués régulièrement en raison de leur travail et où les gouvernements n’élucident pas de tels crimes. L'impunité des meurtres de journalistes s’est également accrue de manière significative en Russie et au Mexique, deux pays où la violence contre les médias presse s’est installé depuis longtemps.

Cependant, le Brésil et la Colombie, qui faisaient parti des nations au monde les plus meurtrières pour la presse, ont chacun fait une nette amélioration dans la lutte contre la violence meurtrière contre les journalistes et la poursuite des assassins en justice, constate le CPJ. En effet, de récentes condamnations au Brésil ont fait sortir le pays de cet indice.

«A plusieurs reprises, les gouvernements ont promis que les assassins de journalistes seraient traduits en justice, mais tant que ces promesses ne sont pas tenus, les médias continueront à être ciblés par ceux qui croient qu'ils sont au-dessus de la loi et à l'abri de toute sanction», a déclaré le directeur exécutif du CPJ, Joël Simon. «Le Brésil est sorti de cette liste de la honte pour avoir enquêté et engagé des poursuites contre les auteurs de ces crimes », a-t-il martelé.

Le CPJ publie pour la troisième année son Indice de l’impunité, un document qui calcule le pourcentage de meurtres non élucidés de journalistes par rapport à la population d'un pays. Dans la compilation de cet indice, le CPJ a analysé les assassinats de journalistes dans tous les pays du monde de 2000 à 2009. Les cas sont considérés comme non résolus si aucune condamnation n’a été prononcée. Seules les nations ayant au moins cinq cas non élucidés sont incluses dans l'indice, un seuil atteint par 12 pays cette année.

Deux pays en proie à des conflits sont en tête de la liste. L'Irak est en tête avec 88 meurtres non élucidés de journalistes, tandis que la Somalie vient en deuxième position, ce qui reflète le recours récurrent à la violence par les insurgés pour contrôler les médias. Toutefois, la plupart des autres pays sur l'indice comme l'Inde, la Russie, les Philippines et le Mexique, prétendent être des démocraties où la règle de droit s’applique.

Aux Philippines, un record de 30 journalistes et deux collaborateurs des médias ont été sauvagement assassinés dans le massacre de Maguindanao dans le cadre des élections provinciales de 2009, plaçant le pays du sixième au troisième rang sur l'indice. Ce massacre a éclipsé les acquis qu’avaient eus les autorités philippines en matière de justice grâce à des condamnations pour deux meurtres de journalistes. En Russie, un pays qui est huitième sur l'indice, trois journalistes ont été tués en 2009, ce qui porte à 18 le total des meurtres non élucidés dans ce pays au cours de la décennie. Le Mexique est monté de deux crans pour se placer au neuvième rang, reflétant ainsi la violence continue, non maîtrisée contre les journalistes faisant des reportages sur la criminalité dans ce pays.

Dans de nombreux pays sur la liste, le fléau de l'impunité est en train d'avoir plus d’effet sur la société dans son ensemble, étouffant ainsi efficacement le flux de l’information. Au Sri Lanka, le quatrième pays sur l'indice avec 10 meurtres non résolus, beaucoup des plus anciens journalistes se sont enfuis en exil de crainte d’être ciblés eux aussi. Dans de nombreux pays comme le Mexique, les recherches du CPJ montrent que l’autocensure est si répandue que la plupart des événements et sujets majeurs ne sont pas couverts par les médias.

Le CPJ a élaboré l’Indice de l’impunité en 2008 pour suivre les tendances au fil des années dans les pays où les journalistes sont régulièrement assassinés et où la règle de droit ne s’applique pas. Cette liste compilée dans le cadre de la campagne mondiale contre l’impunité du CPJ qui cherche la justice pour les meurtres de journalistes. Financée par la Fondation John S. et James L. Knight, cette campagne a été axée sur deux des pires pays au monde pour les journalistes, la Russie et les Philippines.

>«En compilant cet indice, notre objectif est d’inciter les dirigeants de ces nations à l'action», a déclaré M. Simon. «Beaucoup de ces cas peuvent être résolus, les auteurs ont été identifiés mais les autorités n'ont pas la volonté politique de les poursuivre ».

Le CPJ publie l'Indice de l’impunité 2010 parallèlement à un sommet international sur l'impunité qui se tient aujourd'hui et mardi à New York. Le sommet réunira les défenseurs de la liberté de la presse et les journalistes du monde entier pour coordonner et améliorer les stratégies en vue inverser la tendance à la violence meurtrière contre la presse.

  • L'impunité des meurtres de journalistes est profonde en Asie du Sud. Six nations de la région, le Sri Lanka, l’Afghanistan, le Népal, le Bangladesh, le Pakistan et l'Inde, sont sur la liste de 2010.
  • Au niveau mondial, plus de 90 pour cent des victimes sont des reporters locaux couvrant des sujets sensibles tels que la criminalité, la corruption et la sécurité nationale dans leur pays d'origine.
  • Au Brésil, des condamnations ont été prononcées contre quatre hommes, dont trois gendarmes, pour l'assassinat en 2007 de Luiz Carlos Barbon Filho. Les autorités brésiliennes ont engagé avec succès des poursuites pour des meurtres d’autres journalistes ces dernières années. Avec seulement quatre meurtres non encore élucidés, le Brésil n’as pas franchit pas le seuil d'inclusion dans l'indice cette année.
  • D’autres condamnations notables ont eu lieu l’année dernière. Aux Philippines, un suspect a été reconnu coupable de l’assassinat en 2006 d’Armando Pace, tandis qu'un autre prévenu a été condamné pour l'assassinat en 2005 d’Edgar Amoro. Dans une célèbre affaire en Colombie, trois ex-fonctionnaires ont été reconnus coupables d'avoir comploté l'assassinat en 2003 du commentateur de radio José Emeterio Rivas.
  • Les menaces contre les journalistes sont un indicateur clé, révèlent les recherches du CPJ. Dans au moins quatre sur 10 meurtres de journalistes, les victimes ont reçu des menaces avant d’être assassinés.
  • L’objectif des assassins de journalistes est d'envoyer un message dissuasif à tous les médias d’information. Près d'un tiers des journalistes assassinés ont été soit capturés ou torturé avant leur mort.

Pour une explication détaillée sur la méthodologie du CPJ, cliquez ici.

 

L’Indice

Voici les 12 pays où les journalistes sont assassinés sur de façon récurrente et où les gouvernements sont incapables ou refusent de poursuivre les assassins. L'indice couvre les années 2000 à 2009.

1 L’Irak

Tous les 88 meurtres de journalistes commis en Irak au cours des dix dernières années ne sont toujours pas résolus, ce qui place l'Irak en tête de l'indice pour la troisième année consécutive. Dans tous les cas, sauf sept, il s'agit des journalistes locaux, dont la grande majorité a été ciblée par des insurgés. Parmi les victimes figurent Atwar Bahjat, correspondante de la station de télévision Al-Arabiya, ainsi queKhaled Mahmoud al-Falahi et Adnan Khairallah, qui ont été abattus dans l’exercice de leur fonction hors de la mosquée de Samarra en 2006. Cependant, on note une tendance positive: Pour la première fois depuis l'invasion américaine, le CPJ a documenté des meurtres non liés au de journalisme en Irak en 2009. (Quatre journalistes ont été tués dans des tirs croisés en 2009.) Néanmoins, avec un niveau d’impunité qui triple quasiment celui de tous les autres pays, l'Irak a représente un danger inégalé pour la presse.,

Pourcentage sur l’Indice d’impunité: 2,794 meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.
Année dernière: pays classé 1er avec un taux de 2,983.

2 La Somalie

Somalie est montée au second rang de l'indice, puisque les journalistes continuent d’être ciblés, certains par l’aile dure des insurgés d'Al-Shabaab et d’autres par les troupes gouvernementales. Dans ce pays en conflit, le gouvernement fédéral faible n’a ni enquêté ni engagé des poursuites contre les suspects dans aucun des neuf meurtres documentés par le CPJ au cours de la dernière décennie. Les plus vulnérables sont les journalistes des stations de radio indépendantes, sept des victimes travaillaient pour ces stations. Les attaques contre le personnel de la station de radio indépendante, Radio Shabelle, témoignent des conditions terribles de la presse en Somalie: après l’assassinat par des insurgés en janvier 2009 de Hassan Mayow Hassan, directeur de publication de Radio Sabelle, son successeur, Mukhtar Mohamed Hirabe, a été abattu dans un marché public cinq mois plus tard.

Pourcentage sur l’indice de l’impunité: 1,000 meurtre non résolu de journaliste pour 1 million d’habitants.
Année dernière: pays classé 3ème avec un taux de 0,690
.

3 Les Philippines

Le massacre en novembre 2009 de 30 journalistes et deux collaborateurs des médias dans la province de Maguindanao a plus que doublé le taux d'impunité dans ce pays par rapport à l'année précédente. Les autorités ont inculpé prés de 200 personnes pour ce massacre, notamment des dirigeants politiques locaux qui auraient orchestré l'attaque. Au total, le CPJ a recensé 55 meurtres non résolus dans ce pays au cours de la dernière décennie. A part l'embuscade de Maguindanao, le record d’impunité catastrophique de ce pays montre des signes de revirement, relativement aux condamnations prononcées pour le meurtre d'Armando Pace en 2006 et d’Edgar Amoro en 2005. Toutefois, il ya des raisons de croire que les autorités n'ont toujours pas saisi la gravité de leur problème. Récemment, un porte-parole de la Cour suprême de ce pays est même allé jusqu'à qualifié de « ridicules » des menaces de mort  contre un journaliste.

Pourcentage sur l’Indice de l’Impunité: 0,609 meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.
L'année dernière: pays classé 6ème avec un taux de 0,273.

4 Le Sri Lanka 

Dix journalistes ont été assassinés au cours de la dernière décennie pour leur couverture de sujets relatifs à la guerre civile, les droits de l'homme, la politique, les affaires militaires et la corruption. Aucune condamnation n’a été obtenue dans tous ces cas. L’indignation au niveau local et international s’est accrue considérablement l'année dernière avec l’assassinat de l'éminent journaliste rédacteur en chef Lasantha Wickramatunga. La violence meurtrière était devenue tellement ancrée dans ce pays que M. Wickramatunga avait prédit sa propre mort  dans un article qu'il a écrit peu avant son décès. L'article, publié trois jours après son assassinat, disait: « D'innombrables journalistes ont été harcelés, menacés et tués. C’est pour moi un honneur de faire partie de cette catégorie et surtout d’être le dernier». La violence et l'impunité ont poussé un grand nombre de journalistes du Sri Lanka à l'exil, selon des recherches du CPJ.

Pourcentage sur l’Indice de l’Impunité: 0, 496  meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.

L'année dernière: pays classé 4ème avec un taux de 0, 452.


5 La Colombie

Avec 13 meurtres non élucidés depuis 2000, la Colombie a gagné sa place de honte sur l'indice. Cependant, le CPJ a noté des améliorations dans ce pays ces dernières années. Un seul journaliste, le correspondant de radio José Everardo Aguilar, a été assassiné pour des raisons liées à son travail au cours des trois dernières années. Et en 2009, des procureurs ont obtenu la condamnation de trois ex-fonctionnaires pour avoir planifié l'assassinat en 2003 du commentateur radio José Emeterio Rivas.

Pourcentage sur l’Indice de l’Impunité: 0, 292 meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.
L'année dernière: pays classé  5ème avec un taux de 0, 347.


6 L’Afghanistan  

Dans ce pays actuellement en proie à la violence et la corruption, les autorités n’ont montré aucun signe allant dans le sens d’élucider les sept assassinats commis au cours de la dernière décennie. Contrairement aux données mondiales montrant que plus de 90 pour cent des victimes des médias sont des journalistes locaux, la majorité des personnes assassinées en Afghanistan étaient des reporters internationaux. Parmi eux, figurent des les journalistes indépendants Karen Fischer et Christian Struwe, qui ont été abattus près de Baghlan en 2006 alors qu’ils faisaient des recherches pour un documentaire.

Pourcentage sur l’Indice de l’Impunité: 0, 240 meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.
L'année dernière: pays classé 7ème avec un taux de 0, 248.

 

7 Le Népal  

Au Népal, le changement politique historique de la monarchie en une République démocratique dirigée par une coalition sous la direction d’ex-rebelles maoïstes, n’a pas réduit les attaques contre les médias, malgré l'engagement pris par le Premier ministre d’inverser la tendance à l'impunité pour les violations des droits de l'homme. Des maoïstes suspectés dans au moins deux meurtres sont toujours en liberté. Au total, six meurtres de journalistes se sont produits au cours de la dernière décennie, et tous restent impunis. Il s'agit notamment du meurtre brutal d’Uma Singh en janvier 2009. Mme Singh, un jeune journaliste de radio et de la presse écrite qui a documenté les saisies de terres par les maoïstes, a été mortellement agressée dans sa maison par 15 hommes armés de couteaux. Des collègues disent que la police s’est désintéressée de déterminer si le mobile du meurtre était lié à la profession de Mme Singh, de crainte des répercussions politiques.

Pourcentage sur l’Indice de l’Impunité: 0, 210  meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.
L'année dernière: pays classé  8ème avec un taux de 0, 178.

 

8 La Russie

Malgré la récente pression internationale et les engagements au niveau national pour combattre l'impunité, peu de progrès a été signalé l'année dernière en matière de condamnation pour les meurtres de journalistes. La Russie est montée d’un cran sur l'Indice cette année, avec trois meurtres commis en 2009. Au total, 18 meurtres de journalistes restent non élucidés depuis 2000 dans ce pays. Deux des journalistes tués en 2009 travaillaient pour un seul organe de presse, le journal indépendant Novaya Gazeta. Parmi les victimes figuraient la journaliste de renommée internationale et défenseur des droits humains Natalya Estemirova, qui a été enlevée à son domicile et abattue dans la région instable du Caucase du Nord.

Pourcentage sur l’Indice de l’Impunité: 0,127 meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.
L'année dernière: pays classé  9ème avec un taux de 0,106.

 

9 Le Mexique

La violence contre les journalistes faisant des reportages sur la criminalité, le trafic de drogue et la corruption gouvernementale a continué à un rythme étonnant en 2009, faisant monter le Mexique de deux crans sur l'indice. L'impunité pour neuf meurtres commis au cours des dix dernières années peut être largement attribuée à l'incapacité du gouvernement à freiner la portée extrême et brutale de la criminalité organisée dans ce pays. Parmi les victimes, figure le reporter et photographe Eliseo Barrón Hernández, qui a été bastonné et enlevé devant sa femme et ses enfants en mai 2009. Le corps sans vie du e M. Hernández, torturé et abattu d’au moins 11 balles, a été retrouvé dans un fossé d'irrigation.

Pourcentage sur l’Indice de l’Impunité: 0,085 meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.
L'année dernière: pays classé  11ème avec un taux de 0, 057.

 

10 Le Pakistan  

Les autorités pakistanaises n’ont prononcé des condamnations que dans un seul cas au cours de la dernière décennie, notamment l'assassinat du journaliste américain Daniel Pearl en 2002. Douze autres meurtres de journalistes sont restés non élucidés pendant cette période. Deux des meurtres ont été rapportés en 2009, une année pendant laquelle les journalistes faisaient l’objet de pressions intenses de  la part des militants et de provocations énormes pour la couverture d’une série d'offensives militaires. Parmi les victimes en 2009, figure le correspondant de télévision Musa Khankhel, qui a été enlevé et exécuté alors qu'il couvrait une marche pacifique dans une zone contrôlée par les militants à Swat.

Pourcentage sur l’Indice de l’Impunité: 0, 072  meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.
L'année dernière: pays classé  10ème avec un taux de 0, 062.

 

11 Le Bangladesh          

La situation est restée inchangé au Bangladesh. Bien qu'aucun meurtre de journalistes n’ait été rapporté depuis 2005, aucune condamnation n'a été obtenue pour tous les sept meurtres non élucidés commis dans la première moitié de la décennie, lorsque les journalistes faisaient l’objet de représailles lourdes pour leur couverture sur la corruption, le crime organisé et les groupes extrémistes. L’assassinat le plus récent a coûté la vie au journaliste Gautam Das, qui a été retrouvé étranglée dans son bureau en novembre 2005. La police a arrêté plusieurs suspects dans cette affaire, mais à ce jour personne n'a été condamné.

Pourcentage sur l’Indice de l’Impunité: 0, 044 meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.
L'année dernière: pays classé  12ème avec un taux de 0, 044.

 

12 L’Inde

Pour ce pays, sa réputation d’avoir une presse dynamique et d’être une forte démocratie masque son incapacité à aborder la question de l'impunité pour sept meurtres de journalistes au cours des dix dernières années. La violence et l'intimidation des journalistes de province, en particulier ceux qui traitent des questions de criminalité, de corruption et des droits de l'homme, sont récurrentes tandis que les enquêtes du gouvernement sont inefficaces, révèlent des recherches du CPJ. Par les victimes, figure Vikas Ranjan, un correspondant d'un quotidien en langue hindi, qui a été tué dans une fusillade dans le nord de l'Etat du Bihar. M. Ranjan avait été menacé à plusieurs reprises pour sa couverture sur la criminalité et la corruption au niveau local.

Pourcentage sur l’Indice de l’Impunité: 0, 006 meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants.

L'année dernière: pays classé  14ème avec un taux de 0, 006.


La Méthodologie

L'indice de l’impunité du CPJ calcule le pourcentage des meurtres non résolus de journalistes par rapport à la population de chaque pays. Le CPJ a fait une analyse de la situation dans tous les pays du monde entier pour la période du 1er janvier 2000 au 31 décembre 2009. Seules les nations enregistrant au moins cinq cas non résolus sont incluses dans cet indice.

Les cas sont considérés comme non résolus si aucune condamnation n’a été obtenue.

Le CPJ définit le meurtre comme une attaque délibérée contre un journaliste en représailles contre le travail de la victime. Les meurtres représentent plus de 70 pour cent des décès liés au travail des journalistes, selon des recherches du CPJ. Cet indice n’inclut pas les cas de journalistes tués dans des combats ou au cours de missions dangereuses telles que la couverture de manifestations de rue.

Le cas échéant, les données démographiques issues des Indicateurs du développement dans le monde 2009 de la Banque mondiale ont été utilisées dans cet indice. Pour l'Irak et l'Afghanistan, le CPJ s’est basé sur les Perspectives démographiques mondiales 2008 de la Division de la Population de l’ONU.

Lors de la première élaboration de sa méthodologie en 2008, le CPJ a consulté Mary Gray, professeur de mathématiques et de statistiques à l'Université américaine de Washington. Mme Gray a été membres des conseils et des comités de certaines organisations comme Amnesty International. En 2001, elle a reçu le Prix d’excellence du Président de la République pour le mentorat en sciences, mathématiques et ingénierie.

L'Indice de l’impunité du CPJ s'intéresse plus particulièrement aux meurtres non résolus de journalistes. De façon continue, le CPJ tient à jour une base de données complète sur tous les journalistes tués dans l'exercice de leurs fonctions ainsi que des capsules narratives qui détaillent les circonstances de chaque cas. Notre carte interactive illustre les tendances par pays et par année.


Tableau statistique

Les meurtres non résolus de journalistes pour 1 million d'habitants pour la période de 2000 à 2009. Seuls les pays comptant au moins cinq cas non résolus sont inclus. Les cas sont considérés comme non résolus si aucune condamnation n’a été obtenue.

Classement Nation Cas non résolus Population
(en millions)
Calcul Pourcentage
1 L’Irak* 88 31.5 88/31.5 2.794
2 La Somalie 9 9.0 9/9.0 1.000
3 Les Philippines 55 90.3 55/90.3 0.609
4 Le Sri Lanka 10 20.2 10/20.2 0.496
5 La Colombie 13 44.5 13/44.5 0.292
6 L'Afghanistan* 7 29.1 7/29.1 0.240
7 Le Népal 6 28.6 6/28.6 0.210
8 La Russie 18 141.8 18/141.8 0.127
9 Le Mexique 9 106.4 9/106.4 0.085
10 Le Pakistan 12 166.0 12/166.0 0.072
11 Le Bangladesh 7 160.0 7/160.0 0.044
12 L'Indie 7 1140.0 7/1140.0 0.006


Sources des données démographiques:
Sauf autrement indiqué, les Indicateurs du développement dans le monde 2009, Banque mondiale  

* Les Perspectives démographiques mondiales 2008, Division de la Population de l’ONU 

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