Les accusations sont basées
sur une plainte de Jean Ernest Ngallè Bibéhé, PDG de la Société camerounaise de transport urbain (SOCATUR), en
réponse aux reportages de l'hebdomadaire Paroles
sur des allégations largement rapportées selon lesquelles M. Bibéhé et son épouse Lydienne, directrice des ressources humaines de la
SACATUR, avait détourné des subventions publiques et usé de pratiques abusives.
Le journaliste est ainsi poursuivi pour possession et publication de lettres du
personnel actuel et ancien de ladite société ayant exposé en détail ces
allégations, a-t-il-dit. Le couple a publiquement rejeté ces allégations, qui ont fait surface en 2010 et rapportées
par M. Tchatchouang dans le journal L'Anecdote, selon des journalistes
locaux et des médias.
M. Tchatchouang a dit qu'il
ne peut pas se payer un avocat, tandis qu'un verdict final est attendu
mercredi, selon des médias.
« Nous demandons au panel
de magistrats qui instruisent cette affaire de rejeter les accusations portées
contre Jean-Marie Tchatchouang, car ces poursuites semblent être une tentative
d'intimidation du journaliste pour le dissuader de faire des reportages sur des
allégations de corruption », a déclaré le coordonnateur du plaidoyer pour
l'Afrique du CPJ, Mohamed Keita. «Nous exhortons le gouvernement camerounais à
amender la loi pénale en vue de déférer les affaires de diffamation devant des tribunaux civils »,
a-t-il martelé.
Dans un article en date du 9 février dernier publié
par le site Web d'information Camnews24, M.
Bibéhé a accusé le journaliste d'avoir essayé de le faire chanter. M. Tchatchouang a nié cette
accusation, disant que M. Bibéhé n'a jamais répondu à
un protocole d'interview sur ces allégations que lui a adressé le journal en
janvier dernier, selon les mêmes sources.
M. Tchatchouang a été arrêté par la police le 3 février dernier et détenu pendant une nuit. Il a ensuite été présenté devant un procureur qui l'a inculpé avant de le libérer après qu'il a payé la caution d'un million de francs CFA (soit 2100 dollars américains), a-t-il dit au CPJ.
Deux autres journalistes, Ive Tsogue du journal Les Nouvelles du Pays et Aristide Nguekam, directeur de publication de l'hebdomadaire Le Pélican, ont été interrogés dans le cadre de cette affaire, a dit M. Nguekam au CPJ.

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