L'Ouganda

Principaux Développements

» Élection présidentielle entachée de violence contre la presse.

» Les manifestations contre la hausse des prix conduisent à des attaques contre la presse et à la censure

Des agents de police et de sécurité ont exercé des violences physiques sur des journalistes locaux et étrangers pendant la campagne électorale générale et pendant la période post-électorale. Le Président sortant Yoweri Museveni a été réélu pour un quatrième mandat lors de l'élection de février qui a été entachée d'irrégularités comme en témoignent les scènes d'intimidation et d'achat de voix qui ont été rapportées. Les journalistes qui ont fait la couverture des candidats de l'opposition se sont particulièrement exposés à des risques: deux journalistes qui couvraient des manifestations ou des protestations de l'opposition ont été la cible de tirs à l'arme provenant d'agents de sécurité, provoquant l'hospitalisation de l'un des deux reporters. Au mois d'avril et mai, des autorités ont agressé au moins 25 journalistes couvrant les manifestations organisées par l'opposition à travers tout le pays pour protester contre la hausse généralisée des prix. Yoweri Museveni a publiquement critiqué les médias locaux et étrangers pour leur couverture des manifestations, affirmant que les reportages portaient atteinte aux intérêts économiques du pays. La police a perquisitionné les locaux de l'hebdomadaire indépendant Gwanga au mois de mai et a brièvement détenu quatre journalistes au motif fallacieux que leur possession d'un bulletin d'information sur la société civile pourrait d'une certaine manière inciter à la violence publique. Depuis, Gwanga n'a  pas repris sa publication régulière.



  • 17

    Détentions à court terme, 2007-11
  • 41

    Journalistes attaqués en 2011
  • 25

    Attaques par des agents de l'État
  • 89%

    de médiatisation de Museveni
  • 10

    Journalistes détenus sans inculpation, 2007-2011
 

Des recherches du CPJ montrent que des agents de sécurité de l'État ont régulièrement arrêté des journalistes pour des périodes allant de plusieurs jours à plusieurs semaines dans un effort visant à dissuader la presse de faire des reportages sur des questions sensibles.

Détentions au cours des dernières années:
 

Les élections présidentielles et législatives de février et une cérémonie de prestation de serment en mai ont été entachées d'attaques physiques contre les journalistes locaux et internationaux. D'autres attaques contre la presse se sont produites après que les dirigeants des partis d'opposition ont organisé des manifestations à l'échelle nationale, appelés campagne de « Marche vers le travail ». Le CPJ a recensé au moins 41 attaques.

Répartition des actes de violence:
23: Attaqués pendant qu'ils couvraient la campagne électorale
7: Attaqués pendant qu'ils couvraient des manifestations de la société civile
3: Attaqués pendant qu'ils couvraient des manifestations estudiantines
8: aAtaqués lors d'autres évènements

 

Des agents de l'État et des responsables du parti au pouvoir ont été responsables d'au moins 25 attaques physiques contre des journalistes en 2011, selon des recherches du CPJ. Cependant, des personnes soupçonnées de travailler pour les autorités ont également contribué à la violence contre la presse, dans notamment 11 autres attaques, selon des recherches du CPJ.

Répartition de la responsabilité:
21: Policiers et agents de sécurité
4: Fonctionnaires alignés avec le parti au pouvoir
11: Partisans présumés du parti au pouvoir
5: Autres individus

 

Les médias audiovisuels d'État ont consacré la grande majorité de leur couverture des élections à Museveni, selon une enquête sur le suivi médiatique menée par la Commission européenne. Les médias audiovisuels privés se sont penchés sur le principal candidat de l'opposition, Kizza Besigye, mais ont été plus équitables que les médias d'État.

La couverture médiatique de l'élection, selon l'Union européenne:
UBC Television (État)
Museveni: 409 minutes / Besigye: 27 minutes
UBC Radio (État)
Museveni: 158 minutes / Besigye: 43 minutes
NTV (privé)
Museveni: 118 minutes / Besigye: 164 minutes
WBS (privé)
Museveni: 128 minutes / Besigye: 184 minutes
Simba FM (privé)
Museveni: 75 minutes / Besigye: 55 minutes
CBS (privé)
Museveni: 19 minutes / Besigye: 16 minutes

 

Les recherches du CPJ montrent que la majorité des détentions par des agents de sécurité de l'État sont menées sans accusation formelle, au mépris manifeste de la Constitution ougandaise qui limite la durée de la détention provisoire à 48 heures.

Journalistes détenus sans inculpation au cours des dernières années:



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