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En Côte d'Ivoire, une journaliste agressée par la police

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New York, le 13 juin 2012--Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) condamne l'agression d'une journaliste par la police ivoirienne le 5 juin courant et invite les autorités à s'assurer que les policiers mis en cause seront traduits en justice.

Deux policiers ont agressé Cybèle Athangba, journaliste du quotidien La Nouvelle, alors qu'elle couvrait une manifestation d'environ 100 agents de police devant le siège de la sureté de Côte d'Ivoire sis à Abidjan, la capitale économique, selon des journalistes locaux et des médias. Athangba figurait parmi trois journalistes qui interviewaient les policiers qui manifestaient contre le détournement présumé de cotisations qui avaient été déduites de leurs salaires depuis 2006 dans le cadre d'un projet immobilier destiné aux forces de sécurité.

Mme Athangba a déclaré au CPJ qu'un policier s'adressant aux manifestants l'a attaqué après avoir remarqué qu'elle utilisait un dictaphone pour enregistrer ses propos. Tandis qu'elle essayait de résister à son assaillant, un autre policier l'a attrapée par derrière et a déchiré le col de son vêtement, a-t-elle dit. Son dictaphone a également été saisi au cours de l'échauffourée, mais il a ensuite été récupéré par les manifestants, a-t-elle souligné.

Le CPJ a contacté Gerard Gnawa, le porte-parole de la police, aux fins de commentaires, mais l'officier a rigolé, disant que la police était en train de tirer cette affaire au clair, et a raccroché le téléphone. Il n'a pas répondu aux appels ultérieurs.

« Nous condamnons cette agression contre Cybèle Athangba et demandons aux autorités ivoiriennes de prendre toutes les mesures nécessaires pour que les policiers mis en cause rendent compte de leurs actes», a déclaré Mohamed Keita, coordonnateur du Plaidoyer pour l'Afrique du CPJ. « Les attaques contre les journalistes ne sont pas matière à rire », a-t-il martelé.

L'organisation locale de défense de la liberté de la presse, le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), a publié une déclaration  identifiant le lieutenant colonel Jacques Amouchié Kadjané, responsable du Parc auto de la police nationale, comme étant l'un des agresseurs de Mme Athangba. Lorsque le CPJ a contacté le lieutenant colonel Kadjané, ce dernier a refusé de faire des commentaires sur cette affaire et a plutôt demandé comment le CPJ a obtenu son numéro de téléphone. « Je n'ai pas à m'expliquer. Ce n'est pas ma fonction de parler aux journalistes », a-t-il dit.

Lors d'une réunion aujourd'hui avec le CIPJ, le général Brindou M `Bia, directeur général de la police nationale ivoirienne, aurait formulé des excuses envers la journaliste et a dit qu'elle avait été prise pour un espionne infiltrée au sein des manifestants de la police, a déclaré au CPJ Stephane Goué, le secrétaire général du CIPJ. Le général M'Bia aurait suggéré une rencontre de réconciliation entre Athangba et le lieutenant colonel Kadjané, selon M. Goué.

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