Ouganda

PRINCIPAUX DEVELOPPEMENTS

» La police agresse les journalistes en toute impunité.

» La nouvelle loi sur l'audiovisuel impose des règles restrictives et floues.

La police a agressé et entravé le travail de nombreux journalistes couvrant des manifestations de l'opposition, suivant un schéma abusif mis en place lors de la campagne présidentielle de l'année dernière. Les responsables de la police ont affirmé à plusieurs reprises leur détermination à ouvrir une enquête sur ces attaques, mais finalement aucun policier n'a publiquement été incriminé. Plusieurs journalistes ont commencé à demander réparation devant les tribunaux, même si aucune affaire n'a été résolue à la fin de l'année. Le président Yoweri Museveni a promulgué la Loi de l'Ouganda sur les communications au mois de septembre. Cette mesure a visiblement fusionné deux organes de régulation, mais elle a également imposé de nouvelles dispositions floues que les organes de presse sont tenus de respecter, à savoir « la moralité publique » et les « normes de diffusion éthiques ». Les organisations de défense de la liberté de presse ont indiqué que la loi a également conféré au ministère de l'Information des pouvoir exorbitants pour modifier les licences d'exploitation de l'audiovisuel à volonté.



  • 24

    Agressions
  • 92%

    Agressions commises par la police
  • 6

    Quête de réparation
  • 4

    Cas de harcèlement
 

Les agressions ont baissé par rapport au pic enregistré en 2011, lorsque les grèves générales et l'élection présidentielle ont donné lieu à des tensions dans les rues du pays. Mais les chiffres de 2012, reflétant les données recueillies jusqu'au 1er octobre, dépassent de loin les niveaux historiques, ont révélé les enquêtes du CPJ.

Nombre d'agressions contre les journalistes par année en Ouganda:
 

Les agents de police ont été responsables de la grande majorité des agressions commises contre les journalistes en 2012, selon des enquêtes du CPJ. La plupart de ces attaques ont eu lieu au moment où les journalistes couvraient des manifestations de l'opposition, y compris l'arrestation du chef de file de l'opposition, Kizza Besigye, selon les enquêtes du CPJ.


Répartition des responsabilités:

92% La police
4% Assistants aux responsables publics
4% Les citoyens locaux

 

 

Les journalistes ont commencé à déposer des plaintes contre leurs agresseurs, selon les enquêtes du CPJ. Au moins quatre affaires concernant six personnes ont fait l'objet de procès en 2012.


Poursuites judiciaires:

Février:

La Commission ougandaise des droits de l'homme commence à entendre les parties suite à une plainte déposée en 2007 par trois journalistes qui ont estimé que des agents de police et des militaires les ont battus et ont confisqué leur matériel, avant de les expulser de force d'un tribunal, selon des médias. L'affaire était toujours en instance à la fin d'année. La partie civile demande une condamnation des agents de sécurité et une compensation financière.

Juin:

Siraje Lubwama, un journaliste de l'hebdomadaire privé l'Observateur, a porté plainte, contre un responsable de la police. La plainte stipule que le policier a attaqué Lubwama et deux de ses collègues alors qu'ils couvraient la libération du chef de file de l'opposition, Kizza Besigye, au mois de mars. Cette affaire, toujours en instance à la fin de l'année, requiert au tribunal de déclarer l'officier de police inapte à exercer ses fonctions.

Juin:

Un tribunal a émis un mandat d'arrêt contre deux individus accusés d'avoir attaqué Rebecca Nakame, journaliste à la télévision, Bukedde TV, proche du gouvernement, selon des journalistes locaux. Nakame avait déposé une plainte au pénal après avoir été rouée de coups alors qu'elle couvrait un litige foncier local, au mois d'avril, ont indiqué des journalistes. Un suspect a été arrêté.

Juillet:

Un juge a émis un mandat d'arrêt contre l'ancien maire de Kampala, suite à une plainte déposée par Arinaitwe George, journaliste du quotidien Red Pepper. George a estimé que l'homme politique lui a donné un coup poing avant de lui confisquer son appareil photo lors des manifestations organisées dans le cadre des élections de 2011. L'affaire était toujours pendante devant la justice à la fin de l'année.
 

Le CPJ a documenté au moins quatre cas en 2012 dans lesquels la police ou les forces de sécurité ont interrogé ou harcelé des journalistes qui ont participé à des émissions-débats politiques.


Une série de harcèlements:

Mai:

La police interroge Nyombi Mahmoud, animateur d'un talk show sur la chaîne privée, Pearl FM, pendant plus de deux heures après qu'il a comparé la démocratie ougandaise à celle des autres pays.

Juillet:

La police interroge Meddie Nsereko, animateur d'une émission-débat sur la station « Central Broadcasting Services », pendant trois heures après que ses invités ont dénigré un candidat du parti au pouvoir, selon des médias.

Septembre:

La police interroge à quatre reprises Fred Byenkya, animateur d'une émission-débat sur Spice FM, après qu'il a diffusé les propos d'un député qui a déclaré que le président n'a pas réussi à unir le parti au pouvoir.

Septembre:

Les agents de sécurité interrompent la diffusion d'une émission-débat sur Life FM au cours duquel les invités ont discuté au sujet des allégations d'accaparement illégal des terres par la famille royale dans le Royaume de Tooro situé dans l'ouest de l'Ouganda, ont rapporté des journalistes locaux au CPJ. La police somme la station de remettre les enregistrements de l'émission avant d'interdire la diffusion de programmes futurs sur ce sujet, ont précisé des journalistes.
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Principales nouvelles durant 2012
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Diaporama: L'année en photos

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