Zimbabwe

PRINCIPAUX DEVELOPPEMENTS

» La nouvelle constitution mazntient les lois répressives

» Les autorités répriment l’usage des radios

Bien que les élections générales en juillet se soient déroulées dans une atmosphère beaucoup plus calme que celle des élections de 2008, le paysage des médias d’information est toujours dominé par les médias d'État. Les journalistes et les défenseurs des droits humains ont été fréquemment la cible d'agressions et de brèves détentions. L'élection a consacré la mainmise de Robert Mugabe, âgé de 89, sur le pouvoir. Son parti a remporté deux tiers des sièges au parlement : une porte ouverte à d’éventuelles modifications de la constitution récemment adoptée du pays. Aucun journaliste n’était en détention au moment des élections, mais une mission d'observation des éditeurs d'Afrique australe n’a pas obtenu d'accréditation pour couvrir le vote. Les autorités ont maintenu un contrôle sévère sur les stations de radio qui constituent le principal moyen de communication pour les Zimbabwéens, dont la plupart vivent dans les zones rurales. Bien que deux stations de radio urbaines commerciales aient été autorisées au milieu de l’année 2012, les stations de radio communautaires n’ont pas été autorisées à émettre, et les appels lancés en faveur de l'octroi de licences supplémentaires pour la création d’autres radios commerciales sont restés sans suite. Malgré les nouvelles dispositions constitutionnelles qui garantissent la liberté d’expression des médias et les libertés civiles, les lois répressives telles que la Loi sur la sécurité de l'information et la protection de la vie privée, la Loi sur l'ordre et la sécurité public, et la Loi sur le droit pénal (codification et réforme), demeurent en vigueur.



  • 186

    Postes de radio confisqués
  • 17

    Journalistes détenus
  • 4

    Attaques en un mois
  • 0

    Modification aux lois sur les médias
 

Dans les mois qui ont précédé les élections de juillet, les autorités ont annoncé une interdiction des « postes de radio de fabrication spéciale » et confisqué au moins 186 radios. La police a également arrêté Zenzele Ndebele, le rédacteur en chef de Radio Dialogue qui est connu pour son militantisme en faveur des radios communautaires. Il a été accusé d’avoir fait entrer frauduleusement des postes de radio solaires à manivelle dans le pays.

Les stations de radio au Zimbabwe sont presque exclusivement contrôlées par l’État. Radio Dialogue distribue ses émissions sur des CD et des clés USB à travers les réseaux communautaires. Un certain nombre de stations de radio alternatives, y compris SW Radio Africa, Studio 7, et Voice of the People, émettent dans le pays via des émetteurs d’ondes courtes installés quelque part dans la région.


La gestion des stations::

18 avril 1980:

Le Zimbabwe obtient son indépendance, mais l'État maintient son contrôle sur la Zimbabwe Broadcasting Corporation, qui détient toutes les stations de radio et de télévision.

1 octobre 2000

la station de radio indépendante Capital Radio, basée à Harare, brise les 20 années de monopole de la ZBC et commence à émettre. Cinq jours plus tard, la police ferme la radio, en dépit d'une ordonnance du tribunal confirmant son droit d’émettre.

2007

Les promoteurs de Capital Radio, désormais basés à Londres, commencent à diffuser leurs émissionsà partir du Royaume-Uni sous le nom de « Short Wave Radio Africa ».

24 novembre 2011

L'Autorité de l’Audiovisuel du Zimbabwe octroi deux licences de radio commerciales à la radio de débat Star FM et la radio musicale Zifm, qui ont toutes les deux des liens avec le gouvernement zimbabwéen. Mais le nombre d'émetteurs et la portée limitée des émetteurs limitent leurs zones de couverture aux grands centres urbains.

25 juin 2012

Lancement de Star FM. Elle est la propriété de Zimpapers, une société d'État, mais elle diffuse pour la première fois en direct des débats entre des partis politiques rivaux.

15 août 2012

Lancement de Zifm, détenue par AB Communications. Son PDG est Supa Mandiwanzira, un ancien journaliste de la ZBC et délégué provincial du parti au pouvoir, le Zanu- PF.

31 juillet 2013

Mandiwanzira est élu au Parlement en tant que candidat du Zanu- PF. Deux mois plus tard, il est nommé vice-ministre chargé de l'information, des médias et des services de radiodiffusion.
 

Au moins 17 journalistes ont été arrêtés par la police et les autorités locales au cours de l'année, selon les médias et des recherches du CPJ.


Les détails sur quelques cas de détention:

1 mars 2013:

Zenzele Ndebele, rédacteur en chef de Radio Dialogue, est détenu, puis relâché et inculpé de contrebande de postes de radio. Après que Ndebele a déclaré qu'il distribuait gratuitement ces postes de radio, le procureur a abandonné les poursuites pour contrebande. Selon la police, ils vont chercher d’autres chefs d’accusation contre lui, mais aucune plainte n'avait été déposée jusqu’en fin d’année dernière.

26 avril 2013:

Dumisani Muleya, rédacteur en chef du journal indépendant Zimbabwe Independent, et Owen Gagare, reporter en chef du journal, sont détenus pendant sept heures et inculpés en vertu de l'article 31 de la loi pénale (codification et réforme) pour la publication de « fausses déclarations préjudiciables à l'État ». La police cite un article publié dans le journal et qui évoque des discussions faites dans les coulisses entre des autorités militaires et un parti d'opposition. L'affaire n'avait pas encore été jugée en fin 2013.

21 juin 2013

Les reporters Cynthia Matonhodze (Newsday), Peter Matambanadzo (The Herald), Innocent Makawa (The Herald), Wendy Muperi (The Daily News), et Wonai Masvingise (Newsday) sont brièvement interpellés alors qu'ils couvraient un mouvement de protestation de militants du Zanu- PF. Ils ont été contraints de supprimer leurs photos et ont essuyé des agressions verbales, selon un rapport publié par le syndicat des journalistes du Zimbabwe.

10 juillet 2013

Léopold Munhende, photographe au journal Masvingo Mirror est détenu pendant neuf heures après qu’il a pris des photos du processus d'inscription des électeurs dans les bureaux de l'état civil. Il est accusé d'être une nuisance publique en vertu de la Loi sur les Infractions Diverses. Aucune autre action en justice n’avait été intentée à la fin de l’année 2013.

30 juillet 2013

La police arrête Emmy Maseko, journaliste de Radio Kwelaz, l'interroge, et l'accuse de contrevenir à la fameuse Loi sur l'Accès à l'Information et la Protection de la vie Privée. Deux des membres du conseil d'administration de la radio, Paul Gundani et Howard Masaninga, sont également détenus. Ils seront tous libérés par la suite. Les journalistes n'avaient pas encore été convoqués au tribunal en fin 2013.
 

En juin, sur fond d’escalade des tensions politiques, au moins quatre journalistes ont été victimes d’agression physique.


Chronologie des attaques:

6 juin:

Mashudu Netsianda, journaliste au journal d’Etat Chronicle, est malmené par des inconnus alors qu'il couvrait une rencontre entre le Premier ministre Morgan Tsvangirai et des hommes d'affaires à Bulawayo.

7 juin:

Herbert Moyo, reporter du journal indépendant Zimbabwe Independent, est agressé par des jeunes pendant qu’il couvrait une manifestation organisée par les membres du parti MDC qui protestaient contre le choix du candidat de leur circonscription, ont rapporté des médias.

8 juin:

Bernard Mapwanyire, reporter du journal privé Masvingo Mirror, est malmené par des inconnus alors qu'il couvrait les élections primaires du MDC -T.

14 juin:

Le journaliste indépendant Paul Pindani est enlevé à son domicile et bastonné par trois assaillants masqués dans le centre-nord de la province du Mashonaland West. Il est hospitalisé pour ses blessures
 

Après les élections législatives émaillées de violence de 2008 et suite au refus du Zanu- PF de céder le pouvoir, l'Accord politique global de 2008 a été signé entre le Zanu-PF et les partis d'opposition afin d’organiser des élections légitimes et aboutir à des réformes des médias au cours des cinq années suivantes.

Certaines réformes n'ont jamais été appliquées, et l’élection du 31 juillet 2013 s’est déroulée dans un environnement médiatique biaisé qui n’a pas garanti une couverture médiatique libre et équitable à tous les partis.


La situation en chiffres:

L'article 61

de la nouvelle constitution qui a été adoptée en mai consacre la liberté d'expression et le droit « de chercher, de recevoir et de communiquer des idées et d'autres informations ». Il stipule également que tous les médias d’État doivent « être impartiaux, et faire en sorte que tout le monde puisse bénéficier en toute équité de la possibilité d’exprimer des points de vue divergents et des opinions hétérodoxes ».

6 organisations de médias

y compris le Syndicat des Journalistes du Zimbabwe et le Forum National des Editeurs, ont condamné l'environnement médiatique répressif qui prévalait à la veille de l’élection du 31 juillet et ont appelé à « une véritable ouverture des ondes et à l’indépendance des médias publiques ».

7 lois

qui entravent la liberté de la presse:

• Loi sur l’Accès à L'information et la Protection de la vie Privée
• Loi Pénale (codification et réforme) (articles sur la diffamation et insultes)
• Loi sur les services de radiotélédiffusion
• Loi sur la Censure et les Divertissements
• Loi sur l’ordre et la sécurité publique
• Loi autorisant l’interception des communications
• Loi sur les secrets officiels






Attaques contre la presse: Table des matières
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