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Afrique

2013


Le conflit en Syrie, l'intensification du bain de sang en Irak et la violence politique en Égypte sont à l'origine du nombre élevé de journalistes tués en raison de leur travail en 2013, selon une analyse par Elana Beiser, directrice de la rédaction du CPJ.

Cette image fournie par Alep Media Center montre des Syriens aidant un blessé lors d'un d'un raid aérien des forces progouvernementales à Alep le 17 décembre. Les journalistes citoyens ont joué un rôle essentiel dans la  documentation des  cas de décès  et de destruction causés par le conflit. (AP/Aleppo Media Center)

Pour la deuxième année consécutive, la Turquie est le pays dont les prisons renferment le plus de journalistes au monde en date du 1er décembre 2013, suivie de près par l'Iran et la Chine, selon un rapport du Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Le nombre de journalistes emprisonnés à travers le monde a diminué par rapport à l'année dernière, mais reste proche des records historiques, selon une analyse par Elana Beiser, directrice de la rédaction du CPJ.

 

Des journalistes turcs protestent pour les droits des médias à Istanbul le 5 Novembre 2013. Les manifestants ont marché à la cadence d'un pas par minute pour mettre en surbrillance la lenteur de la justice en Turquie. (AFP / Ozan Kose)

New York, le 10 décembre, 2013--- Le Comité pour la protection des Journalistes (CPJ) est préoccupé par des informations faisant état de menaces par le Gouvernement du Mali à l'endroit d'un site web malien basé à Paris pour avoir posté aujourd'hui un article de l'agence de presse américaine Associated Press (AP) impliquant des soldats maliens dans des exécutions extrajudiciaires.

New York, le 4 novembre, 2013- Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) appelle les autorités maliennes et françaises à diligenter une enquête sur le meurtre, survenu samedi, de deux journalistes français et de traduire les responsables en justice.

La violence contraint les journalistes somaliens et syriens à l'exil, tandis que la répression s'accentue en Iran

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a assisté cinquante-cinq journalistes qui ont été contraints à fuir leurs patries l'année dernière en raison de leur profession. La raison la plus commune de cet exode était la menace de violence, comme en Somalie et en Syrie, deux des pays les plus meurtriers au monde pour la presse. D'autres ont fui la menace d'emprisonnement, en particulier en Iran, où le gouvernement a renforcé sa répression avant les élections, selon un rapport spécial du CPJ rédigé par Nicole Schilit.

Des réfugiés somaliens attendent en ligne dans un camp de réfugiés au Kenya. (Reuters/Jonathan Ernst)

Nairobi, le 17 juin 2013-- Les autorités du Burundi détiennent un journaliste depuis jeudi dernier sous de vagues accusations d'atteinte à la sécurité nationale, selon des médias. Le Comité pour la protection des journalistes a ainsi exprimé sa préoccupation et demandé aux autorités burundaises de divulguer les raisons de cette détention.

New York, le 14 juin 14, 2013--- Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a aujourd'hui demandé aux autorités du Cameroun d'enquêter sur des informations selon lesquelles un officier supérieur du Bataillon d'intervention rapide (BIR) aurait menacé des journalistes, les  empêchant de faire des reportages sur le lieu d'un accident d'avion lundi dernier.

New York, le 13 juin 2013--Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a aujourd'hui demandé à la cour d'appel du Cameroun d'annuler en appel la condamnation pour diffamation prononcée contre un journaliste le 5 juin courant.

New York, le 7 juin 2013-- Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a aujourd'hui demandé aux autorités de la République du Congo de lever les mesures de suspension contre quatre hebdomadaires de la capitale Brazzaville qui ont été sanctionnés pour avoir publié des articles critiquant des fonctionnaires du gouvernement. Ces suspensions ont été infligées par l'organe de régulation des médias dont les 11 membres sont tous choisis par le président de la République.

Foundation Radio (Fomunyoh Foundation)

New York, le 13 mai 2013--Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) condamne la fermeture d'une station de radio indépendante au Cameroun le 22 avril dernier pour la diffusion d'une interview considérée par les autorités locales comme une incitation à la sécession.

Lagos, Nigeria, le 4 avril 2013-Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a demandé aujourd'hui aux autorités togolaises d'ouvrir une enquête sur l'agression apparemment délibérée perpétrée mercredi dernier contre le journaliste reporter d'images indépendant Frédéric Koffi Djidonou Attipou.

New York, le 3 avril 2013--Dans une vague de censure, le Cameroun a indéfiniment suspendu deux émissions de télévision, dont les contenus ont été jugés violents par l'organe de régulation des médias, ainsi que trois émissions de radio sous de vagues accusations d'atteinte à l'éthique et la déontologie professionnelle. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) condamne ces mesures, qui incluent également la suspension d'au moins sept journalistes.

New York, le 2 avril 2013-- Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) salue la libération sous caution accordée aujourd'hui par la justice malienne à Boukary Daou, directeur de publication du quotidien Le Républicain, qui a été déténu pendant 27 jours pour la publication par son journal d'une lettre ouverte d'un supposé officier de l'armée. Le CPJ demande également au procureur d'abandonner les poursuites contre ce journaliste.

New York, le 28 mars 2013--Le Comité pour la protection des journalistes a aujourd'hui exhorté une cour d'appel au Cameroun à annuler la condamnation à une peine d'emprisonnement pour diffamation prononcée contre le directeur de publication d'un journal lundi dernier.

New York, le 26 mars 2013--Au moins deux organes de presse ont été victimes de pillage en République centrafricaine dimanche dernier après la chute de la capitale Bangui dans les mains des rebelles de  la coalition « Séléka », selon des médias et groupes locaux de défense de la liberté de la presse.

Lagos, Nigeria, le 21 mars 2013--Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) se félicite du rejet mercredi dernier par la Cour constitutionnelle du Togo des amendements répressifs de la loi sur la presse qui accordaient à l'organe de régulation des médias de vastes pouvoirs de censure.

(Boukary Daou)

Lagos, Nigeria, le 19 mars 2013--Un journaliste malien a été inculpé lundi dernier d'incitation à la mutinerie et de publication de fausses nouvelles pour la publication d'un article critiquant un ancien chef putschiste, selon des médias.

Lagos, Nigeria, le 18 mars, 2013 - La police togolaise a tiré des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes pour disperser des journalistes qui protestaient ce jeudi contre une nouvelle loi qui donne à l'autorité de régulation des médias le plein pouvoir de censurer sommairement les organes de presse, selon des médias et des journalistes locaux.

Par Peter Nkanga/Consultant du CPJ pour l'Afrique de l'Ouest

Les kiosques de journaux étaient vides durant es journées sans presse ((news.abamako.com)

La presse malienne a subit un coup de griffe de trop.

Lagos, Nigeria, le 11 mars 2013 - Les autorités maliennes doivent mener une enquête sur la tentative d'assassinat d'un animateur de radio dans  la ville de Niono, a déclaré aujourd'hui le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Le journaliste a été agressé deux semaines après qu'il a reçu des menaces lui intimant de  démissionner de sa station.

Nairobi, le 6 mars 2013-- Les autorités burundaises ont aujourd'hui libéré Hassan Ruvakuki, un journaliste qui a été emprisonné pendant 16 mois sous des accusations liées à son interview avec un chef rebelle. Les circonstances de sa libération n'étaient pas immédiatement claires et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé les autorités à annuler la condamnation et la peine de prison qui prononcées contre  Ruvakuki.

New York, le 6 mars 2013--Des agents de renseignement du Mali ont aujourd'hui arrêté un journaliste après la publication par son journal d'une lettre ouverte critiquant le salaire et les avantages accordés à l'ancien putschiste, le capitaine Amadou Haya Sanogo, selon des médias et des journalistes locaux.

Tom Rhodes/Consultant du CPJ pour l'Afrique de l'Est

Mardi dernier, les journalistes burundais ont encore marché, une action hebdomadaire qu'ils mènent depuis trois semaines pour protester  contre l'emprisonnement d'un de leurs confrères, Hassan Ruvakuki, incarcéré depuis le 28 novembre 2011 sous des accusations de complot contre l'État. Pour la première fois, les journalistes portaient des t-shirts blancs montrant Ruvakuki vêtu de son uniforme vert de prisonnier. Mais cette fois-ci, la réaction de la police a surpris les journalistes.

New York, le 15 février 2013--Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a aujourd'hui exhorté les autorités judiciaires de la République démocratique du Congo (RDC) à accorder la liberté provisoire à un journaliste emprisonné mardi dernier dans une affaire de diffamation.

Les nouveaux contrats pétroliers suscitent l'optimisme, mais le public est peu informé sur leurs détails. Par Tom Rhodes

(AFP/Tullow Oil Uganda)

La montée de groupes extrémistes férus des médias est un risque patent pour les journalistes. Par Mohamed Keita

(AFP/Pius Utomi Ekpei)

Le président Faure Gnassingbé et ses alliés ont utilisé les multiples leviers du pouvoir pour dominer le paysage politique et médiatique du pays. La couverture des opinions politiques dissidentes a été réprimée par la Haute autorité de l'audiovisuel et de la communication (HAAC) qui a eu à censurer les émissions critiques à l'égard du régime. La HAAC a interdit une émission radiophonique interactive sur l'actualité en juillet, tout en maintenant l'interdiction de deux ans qui pèse sur une autre station connue pour son émission-débat politique en langue vernaculaire. Des manifestations de rue contre les violations des droits de l'homme et les abus de pouvoir ont été notés tout au long de l'année, mais elles ont été violemment dispersées par les forces de sécurité. Le CPJ a enregistré au moins trois cas dans lesquels des agents de sécurité ou des éléments de la police ont agressé des journalistes couvrant des manifestations. Les journalistes filmant ou photographiant les tactiques de dispersion de la police ont été visés. Dans la perspective des élections parlementaires prévues en 2013, la majorité parlementaire du président Gnassingbé a adopté une loi accordant à ses partisans le contrôle des élections locales et le décompte des voix, déclenchant ainsi une autre série de manifestations publiques sous la houlette de l'opposition, selon des médias.

Un journaliste a été tué idans l'exercice de ses fonctions en septembre en Tanzanie, ce qui constitue la première perte de la presse depuis que le CPJ a commencé à documenter minutieusement les meurtres de journalistes il ya de cela 20 ans. Selon des témoins, la police a attaqué le journaliste chevronné de télévision Daudi Mwangosi, lorsque ce dernier s'était opposé aux agents de police venus arrêter un autre journaliste lors d'un rassemblement de l'opposition. Dans l'échauffourée, Mwangosi, qui travaillait pour la chaîne privée Channel 10, a été abattu à bout portant par une bombe lacrymogène et est mort sur-le-champ selon des médias. Les autorités ont arrêté un officier subalterne impliqué dans le meurtre, mais au moins six autres officiers censés être impliqués dans l'assassinat n'ont pas été interpellés, selon un rapport publié par le Conseil tanzanien des médias indépendants. D'autre part, le gouvernement se prévaut de 17 lois répressives portant sur les médias pour sévir contre la diffusion d'informations sensibles à l'égard du pouvoir. En vertu de la loi de 1976 sur la presse, le ministère de l'Information a ainsi interdit pour une durée indéterminée l'hebdomadaire en langue swahili MwanaHalisi en juillet sur de vagues accusations de sédition et de diffusion d'informations mensongères dans des articles non spécifiés. Le directeur de publication du journal, Jabir Idrissa, a déclaré qu'il soupçonnait que la publication a été ciblée pour avoir couvert la grève des médecins dans le pays et l'enlèvement et la torture de Steven Ulimboka, un médecin dirigeant des grévistes. Les reportages du journal MwanaHalisi avaient affirmé que les autorités étaient impliquées dans l'agression d'Ulimboka, mais selon des médias, le gouvernement a nié ces allégations.

Le président Goodluck Jonathan a eu du mal à maintenir la stabilité alors que Boko Haram, un groupe islamiste basé dans le nord du Nigeria, continuait une vague d'attentats terroristes contre des églises, des édifices publics, et, pour la première fois, contre des bureaux d'organes de presse. En avril, le groupe a orchestré des attentats coordonnés contre les bureaux de trois journaux dans deux villes, et menacé de représailles contre 14 organes de presse qu'il accuse de dénaturer l'information au sujet de ses activités. Les menaces ont contraint de nombreux journalistes à quitter le nord du Nigeria. Les médias ont également été victimes de harcèlements persistants de la part du gouvernement: le CPJ a documenté plus de 100 cas d'agressions, d'entraves à l'exercice des activités et d'autres actions contre la presse perpétrées par les forces de sécurité et des autorités. Le président Jonathan a également essuyé de vives critiques suite à sa décision de suspendre les subventions des carburants, ce qui a donné lieu à une grève à travers le pays et des manifestations de rue dans ce grand pays producteur de pétrole. Les manifestants ont encerclé les studios du radiodiffuseur public, en l'occurrence la Nigerian Television Authority et la télévision privée, Africa Independent Television, deux organes de presse importants jugés proches du gouvernement, pour exiger une plus grande couverture de leurs préoccupations. La colère s'est propagée sur les médias sociaux après le lancement du hashtag #OccupyNigeria qui a eu un écho mondial sur Twitter.

Après une longue période de calme et de liberté relatifs, la presse malienne a été confrontée à des menaces graves et inédites dans un pays secoué par un coup d'Etat militaire et une insurrection armée. En mars, une junte a renversé le président Amadou Toumani Touré, quelques semaines avant l'expiration de son second et dernier mandat. Touré avait essuyé le courroux de la population suite aux revers subis par l'armée dans sa lutte contre les séparatistes touaregs du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad dans la région nord du pays située dans le désert du Sahara. Les rebelles se sont alliés aux islamistes radicaux et ont profité de la crise politique après le coup d'Etat pour prendre le contrôle de Tombouctou et d'autres grandes et petites villes du Nord du pays. Les groupes islamistes ont imposé une censure draconienne sur des dizaines de stations de radio, et ordonné la fermeture d'au moins une station radio. Selon des journalistes locaux, leurs mesures comprenaient l'interdiction de la musique et l'obligation de diffuser des récitations du coran. Les journalistes travaillant dans les zones sous contrôle des rebelles et des islamistes ont également été l'objet d'intimidations intenses, tandis que ceux qui vivent dans les zones contrôlées par le gouvernement légitime ont subi des enlèvements, des détentions et des agressions.

Dans la période qui a précédé les élections de mars 2013, la tension était à son comble parmi les journalistes locaux, qui craignaient une répétition de la violence consécutive aux élections contestées de 2007 au cours de laquelle la presse a été la cible d'attaques et de harcèlement dans le cadre de sa couverture de l'actualité. Plusieurs journalistes ont été menacés ou attaqués durant toute l'année 2012, en représailles à leurs reportages sur la corruption parmi les autorités. Le CPJ a constaté que la plupart des attaques contre la presse ont eu lieu dans l'ouest du Kenya. L'installation du réseau de câbles à fibres optiques a fait grimper le nombre d'utilisateurs d'Internet. Avec le doublement de son taux de pénétration d'Internet depuis 2010, le Kenya avait le plus fort taux d'utilisateurs d'internet en Afrique de l'Est. Le pays est également leader en Afrique de l'Est en termes de nombre d'utilisateurs de téléphone portables avec 29 millions d'abonnés, selon les données de l'Union Internationale des Télécommunications. Le Kenya a continué d'être le principal refuge régional pour les journalistes fuyant leur pays d'origine de peur de subir des attaques ou d'être emprisonnés. Depuis 2007, au moins 52 journalistes se sont réinstallés au Kenya, mais souvent dans des conditions extrêmement précaires.

En dépit d'une élection présidentielle relativement calme et du contrôle continu de la capitale Mogadiscio par le gouvernement, un nombre record de journalistes somaliens ont été tués en 2012. Malgré le calme relatif qui règne dans la capitale, les meurtres ciblés de journalistes et de personnalités politiques se sont poursuivis, comme en témoigne notamment l'attentat meurtrier du mois de septembre perpétré dans un café fréquenté par des journalistes et des responsables gouvernementaux. Compte tenu du revers subi par les insurgés du mouvement Al-Shabaab à Mogadiscio en 2011, les incessants massacres continuent de soulever des inquiétudes en raison du fait que des journalistes et d'autres personnes ont été pris pour cible par un nombre grandissant de factions politiques rivales. Bien que la plupart des assassinats aient eu lieu dans la capitale, des hommes armés non identifiés ont tué deux journalistes dans des attaques séparées perpétrées à Galkayo, un pôle commercial de la région semi-autonome du Puntland. Trois stations de radio ont dû fermer au cours de l'année, dont deux sur ordre du mouvement Al-Shabaab et l'autre à l'instigation des autorités du Puntland l'instigation des autorités du Puntland. L'insécurité généralisée a contraint des dizaines de journalistes somaliens à fuir en exil au cours des cinq dernières années, le nombre le plus élevé au monde. La république semi-autonome du Somaliland, bien que paisible en comparaison avec le reste du pays, a procédé à de nombreuses détentions de journalistes.

Le président Paul Kagamé a, à l'occasion de son discours prononcé en août lors du sommet des médias de la communauté des Etats de l'Afrique de l'Est, qualifié la presse locale de « partenaire important dans le développement national » tout en accusant les journalistes occidentaux de présenter une image peu reluisante qui « retarde les progrès ou alimente les conflits ». Ce thème à double consonance - l'appel lancé aux journalistes locaux pour faire progresser l'agenda gouvernemental tout en décrivant la presse internationale comme des adversaires - est souvent utilisé par les dirigeants régionaux. Mais les journalistes critiques à l'égard du gouvernement de Kagamé sont considérés comme des ennemis et non pas comme des partenaires par son administration. Depuis plusieurs années, les autorités persécutent de manière agressive les journalistes critiques à leur égard, forçant beaucoup d'entre eux à l'exil, en emprisonnant quelques uns et poussant le reste à l'autocensure. Le CPJ a identifié trois journalistes emprisonnés lors de son recensement annuel des journalistes incarcérés à travers le monde en date du 1er décembre et au moins deux autres qui ont été détenus pendant de longues périodes au courant de cette année. Il semble que les lignes rouges soient facilement franchissables et sévèrement punies. Les autorités ont emprisonné un présentateur radio pendant 100 jours après que le journaliste a fait un lapsus qui semblait offenser les rescapés du génocide de 1994. Bien que Kagamé ait fait part de son appui aux réformes de la presse lors du sommet, trois projets de loi appuyés par la presse rwandaise sont restés bloqués au niveau du parlement. Ces projets de loi devraient permettre l'accès aux informations ayant trait au gouvernement, la nomination d'un médiateur de la presse indépendant du gouvernement et la création d'une chaîne publique.

La presse traitant l'actualité sur les mutineries au sein des forces armées et la situation sécuritaire dans l'Est de la RDC a été maintes fois censurée et intimidée, aussi bien par les autorités provinciales et le gouvernement national que les forces rebelles. Les hostilités ont repris à l'Est du pays après que le président Joseph Kabila a déclaré que son gouvernement allait arrêter Bosco Ntaganda, ancien chef de guerre recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. En réponse, Ntaganda a rejoint les soldats mutins pour former le Mouvement du 23 Mars (M23) qui a pris le contrôle des principales villes dans la province du Nord-Kivu. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC) a interdit tous les médias audiovisuels de diffuser des émissions-débats sur le conflit; plusieurs stations de radio ont été suspendues indéfiniment après avoir interviewé les mutins. Au moins trois journalistes sont entrés dans la clandestinité après avoir été menacés de représailles pour leurs reportages sur le conflit. Les tensions entre la RDC et le Rwanda voisin ont également augmenté après la publication en juin d'un rapport fuité des Nations unies qui a reproché à Kigali son assistance militaire aux rebelles. Le même mois, le ministre congolais de la Communication, Lambert Mende, a accusé un journal basé à Kinshasa de tribalisme et indéfiniment suspendu la publication pour un éditorial critique à l'égard des Congolais d'origine rwandaise. Bien que les risques fussent plus graves dans l'Est, le CPJ a aussi documenté plusieurs cas dans lesquels des autorités dans le Bas-Congo ont détenu et intimidé des journalistes.

La police a agressé et entravé le travail de nombreux journalistes couvrant des manifestations de l'opposition, suivant un schéma abusif mis en place lors de la campagne présidentielle de l'année dernière. Les responsables de la police ont affirmé à plusieurs reprises leur détermination à ouvrir une enquête sur ces attaques, mais finalement aucun policier n'a publiquement été incriminé. Plusieurs journalistes ont commencé à demander réparation devant les tribunaux, même si aucune affaire n'a été résolue à la fin de l'année. Le président Yoweri Museveni a promulgué la Loi de l'Ouganda sur les communications au mois de septembre. Cette mesure a visiblement fusionné deux organes de régulation, mais elle a également imposé de nouvelles dispositions floues que les organes de presse sont tenus de respecter, à savoir « la moralité publique » et les « normes de diffusion éthiques ». Les organisations de défense de la liberté de presse ont indiqué que la loi a également conféré au ministère de l'Information des pouvoir exorbitants pour modifier les licences d'exploitation de l'audiovisuel à volonté.

La mort du Premier ministre Meles Zenawi en août dans un hôpital belge a mis fin à une règne de 21 ans caractérisé par la répression des dissidents et le contrôle féroce de la presse indépendante. Sa maladie mortelle a été entourée d'un nuage de secret. Après la disparition de Meles de l'espace public en juin, le gouvernement a minimisé les rumeurs de sa maladie et interdit toute publication détaillée au niveau national sur son état de santé. Le gouvernement a également fait face aux manifestations des membres de la communauté musulmane, qui protestaient pour réclamer la fin de ce qu'ils ont appelé « l'ingérence de l'Etat dans les affaires musulmanes ». Les forces de sécurité ont violemment dispersé les rassemblements, réprimant violemment des journalistes qui ont couvert les événements, et forçant trois journaux proches de la communauté musulmane tà fermer. Le gouvernement a été condamné à l'échelle internationale suite aux condamnations de neuf journalistes éthiopiens sur des accusations vagues et politisées de terrorisme. Cinq des journalistes qui vivent en exil ont été jugés par contumace et condamnés à des peines allant de huit ans à la prison à vie. Le gouvernement a finalement libéré deux journalistes suédois qui ont été emprisonnés pendant 14 mois pour avoir fait des reportages sur les rebelles séparatistes de la province de l'Ogaden. A la fin de l'année, six journalistes croupissaient derrière les barreaux, y compris le chroniqueur et bloggeur Eskinder Nega, lauréat du prix Barbara Goldsmith pour la liberté d'écrire de l'organisation internationale des écrivains, le centre Pen America.

En 2012, le CPJ a identifié l'Érythrée comme le pays qui pratique le plus la censure dans le monde. Aucun organe de presse indépendant local n'a été autorisé à opérer dans ce pays depuis la répression généralisée du gouvernement contre les dissidents en septembre 2001. Le dernier journaliste étranger accrédité a été expulsé en 2007. Les médias d'État fonctionnaient sous le contrôle rigide du ministre de l'Information, Ali Abdu, qui utilisait l'intimidation et l'emprisonnement pour dicter le traitement de l'actualité. Ce pays de la Mer Rouge est le pays qui emprisonne le plus de journalistes sur le continent. Parmi les détenus, figure des journalistes indépendants et des directeurs de publication qui ont été arrêtés en masse dans le cadre de la répression de 2001. De nombreux journalistes des médias publics, qui ont violé en quelque sorte les mesures de contrôle strict du gouvernement, sont aussi en prison. Tous sont détenus sans inculpation dans des lieux secrets. Le gouvernement du président Isaias Afwerki a systématiquement refusé de divulguer le lieu de détention de ces journalistes, leur statut juridique, ou leur état de santé. Les autorités refusent même de confirmer les allégations selon lesquelles certains des journalistes sont morts en détention. Par peur pour leur sécurité, des journalistes de médias d'État fuient le pays en grand nombre. L'Érythrée est cinquième sur la liste des pays qui enregistrent le plus grand nombre de journalistes exilés dans le monde, selon des enquêtes du CPJ. En juillet, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a unanimement condamné «les violations généralisées et systématiques» en Érythrée et nommé un représentant pour enquêter de manière approfondie sur les violations, selon des médias.

Abuja, Nigeria, le 24 janvier 2013-- Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a aujourd'hui demandé à la cour d'appel du Bénin d'annuler la condamnation à une peine de prison ferme de la directrice d'une station de télévision privée pour la diffusion en septembre d'une conférence de presse au cours de laquelle un ancien conseiller du président béninois, Boni Yayi, avait critiqué ce dernier.

Abuja, le 14 janvier 2013--Au moins quatre journalistes seraient blessés par la police jeudi dernier alors qu'ils faisaient un reportage sur une manifestation anti-gouvernementale à Lomé, la capitale togolaise, selon des médias. Plusieurs journalistes, ainsi que l'organisation locale pour la défense de la liberté de la presse locale, SOS Journalistes en Danger, ont affirmé que la police avait ciblé un groupe de reporters avec des grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc dans le but de les empêcher de couvrir les manifestations, selon des médias.

New York, le 9 janvier 2013-- Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) devraient demander des comptes aux militaires impliqués dans une attaque contre une station de radio dans la ville orientale de Kabambare, ainsi que la détention arbitraire et la bastonnade de deux journalistes de ladite station, a déclaré aujourd'hui le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Nairobi, le 8 janvier 2013-- Une cour d'appel au Burundi a aujourd'hui déclaré le journaliste Hassan Ruvakuki non coupable des accusations de terrorisme contre lui et réduit à trois ans de prison la peine d'emprisonnement à perpétuité qui lui avait été infligée, selon des journalistes locaux et des médias.

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