Après une longue période de calme et de liberté relatifs, la presse malienne a été confrontée à des menaces graves et inédites dans un pays secoué par un coup d'Etat militaire et une insurrection armée. En mars, une junte a renversé le président Amadou Toumani Touré, quelques semaines avant l'expiration de son second et dernier mandat. Touré avait essuyé le courroux de la population suite aux revers subis par l'armée dans sa lutte contre les séparatistes touaregs du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad dans la région nord du pays située dans le désert du Sahara. Les rebelles se sont alliés aux islamistes radicaux et ont profité de la crise politique après le coup d'Etat pour prendre le contrôle de Tombouctou et d'autres grandes et petites villes du Nord du pays. Les groupes islamistes ont imposé une censure draconienne sur des dizaines de stations de radio, et ordonné la fermeture d'au moins une station radio. Selon des journalistes locaux, leurs mesures comprenaient l'interdiction de la musique et l'obligation de diffuser des récitations du coran. Les journalistes travaillant dans les zones sous contrôle des rebelles et des islamistes ont également été l'objet d'intimidations intenses, tandis que ceux qui vivent dans les zones contrôlées par le gouvernement légitime ont subi des enlèvements, des détentions et des agressions.