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Ouganda


La police a agressé et entravé le travail de nombreux journalistes couvrant des manifestations de l'opposition, suivant un schéma abusif mis en place lors de la campagne présidentielle de l'année dernière. Les responsables de la police ont affirmé à plusieurs reprises leur détermination à ouvrir une enquête sur ces attaques, mais finalement aucun policier n'a publiquement été incriminé. Plusieurs journalistes ont commencé à demander réparation devant les tribunaux, même si aucune affaire n'a été résolue à la fin de l'année. Le président Yoweri Museveni a promulgué la Loi de l'Ouganda sur les communications au mois de septembre. Cette mesure a visiblement fusionné deux organes de régulation, mais elle a également imposé de nouvelles dispositions floues que les organes de presse sont tenus de respecter, à savoir « la moralité publique » et les « normes de diffusion éthiques ». Les organisations de défense de la liberté de presse ont indiqué que la loi a également conféré au ministère de l'Information des pouvoir exorbitants pour modifier les licences d'exploitation de l'audiovisuel à volonté.

Beaucoup de dirigeants africains continuent d'offrir un faux choix entre la stabilité et la liberté de la presse. Emboitant la Chine, investisseur majeur, ils insistent d'avantage sur la stabilité sociale que sur l'ouverture et la réforme. Par Mohamed Keita

Des agents de police et de sécurité ont exercé des violences physiques sur des journalistes locaux et étrangers pendant la campagne électorale générale et pendant la période post-électorale. Le Président sortant Yoweri Museveni a été réélu pour un quatrième mandat lors de l'élection de février qui a été entachée d'irrégularités comme en témoignent les scènes d'intimidation et d'achat de voix qui ont été rapportées. Les journalistes qui ont fait la couverture des candidats de l'opposition se sont particulièrement exposés à des risques: deux journalistes qui couvraient des manifestations ou des protestations de l'opposition ont été la cible de tirs à l'arme provenant d'agents de sécurité, provoquant l'hospitalisation de l'un des deux reporters. Au mois d'avril et mai, des autorités ont agressé au moins 25 journalistes couvrant les manifestations organisées par l'opposition à travers tout le pays pour protester contre la hausse généralisée des prix. Yoweri Museveni a publiquement critiqué les médias locaux et étrangers pour leur couverture des manifestations, affirmant que les reportages portaient atteinte aux intérêts économiques du pays. La police a perquisitionné les locaux de l'hebdomadaire indépendant Gwanga au mois de mai et a brièvement détenu quatre journalistes au motif fallacieux que leur possession d'un bulletin d'information sur la société civile pourraient d'une certaine manière inciter à la violence publique. Depuis, Gwanga n'a pas repris sa publication régulière.

À travers l'Afrique, les gouvernements criminalisent le journalisme d'investigation

Le président sortant de la Cote d'Ivoire Laurent Gbagbo, qui s'accroche au pouvoir après une dispute post-électorale, parle aux journalistes au sortir d'un bureau de vote d'Abidjan (AFP/Issouf Sanogo)

Par Mohamed Keita

À travers l'Afrique, l'émergence du journalisme d'investigation et l'absence de lois effectives sur l'accès à l'information ont établi une trajectoire de collision dans laquelle les autorités, déterminées à voiler leurs activités, opèrent agressivement pour démasquer les sources confidentielles des journalistes et criminaliser la possession de documents administratifs divulgués dans la presse. Du Cameroun au Kenya, de l'Afrique du Sud au Sénégal, les représailles gouvernementales ont abouti à des emprisonnements, à des actes violences, à des menaces et au harcèlement judiciaire. Au moins deux décès suspects, notamment ceux d'un directeur de publication et d'une source confidentielle, ont été signalés sur fond de représailles gouvernementales contre le journalisme d'investigation.

Principaux Développements
• Un projet de loi sur la surveillance électronique promulgué; celui-ci peut dissuader les reportages.
• La Cour constitutionnelle aboli la disposition du code pénal réprimant la sédition, véritable arme du gouvernement contre ces détracteurs dans la presse.

Statistique Cle
5 journalistes agressés lors d'affrontements entre des forces de sécurité et des membres du royaume du Buganda.


Les autorités ougandaises ont harcelé et obstrué des journalistes faisant des reportages sur deux événements qui ont secoué le pays: un incendie qui a détruit un lieu vénéré du royaume du Buganda et deux attentats terroristes dans la capitale Kampala. La presse a remporté une victoire juridique importante lorsque la Cour constitutionnelle a abrogé une loi pénale sur la sédition qui avait été utilisée pour museler les journalistes critiques envers le gouvernement. Mais de nouvelles menaces à la liberté de presse on jailli à travers une loi radicale sur la surveillance qui pourrait dissuader les reportages, et un projet de loi qui pourrait élargir les pouvoirs de réglementation sur les journaux. Dans la foulée, des responsables et des militants du parti au pouvoir ont agressé des journalistes qui assuraient la couverture des activités des candidats de l'opposition lors d'un scrutin local, un mauvais présage, alors que le pays se préparait pour les élections présidentielles et parlementaires de 2011.

Principaux développements
• Des reporters attaqués, harcelés au cours des troubles à Kampala.
• Les affaires pénales s'empilent pendant que la Cour suprême examine une contestation constitutionnelle.
Statistique clé
22: Chef d'accusations pénales en instance contre Andrew Mwenda, un journaliste politique de premier plan.

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