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Ouganda


À travers l'Afrique, les gouvernements criminalisent le journalisme d'investigation

Le président sortant de la Cote d'Ivoire Laurent Gbagbo, qui s'accroche au pouvoir après une dispute post-électorale, parle aux journalistes au sortir d'un bureau de vote d'Abidjan (AFP/Issouf Sanogo)

Par Mohamed Keita

À travers l'Afrique, l'émergence du journalisme d'investigation et l'absence de lois effectives sur l'accès à l'information ont établi une trajectoire de collision dans laquelle les autorités, déterminées à voiler leurs activités, opèrent agressivement pour démasquer les sources confidentielles des journalistes et criminaliser la possession de documents administratifs divulgués dans la presse. Du Cameroun au Kenya, de l'Afrique du Sud au Sénégal, les représailles gouvernementales ont abouti à des emprisonnements, à des actes violences, à des menaces et au harcèlement judiciaire. Au moins deux décès suspects, notamment ceux d'un directeur de publication et d'une source confidentielle, ont été signalés sur fond de représailles gouvernementales contre le journalisme d'investigation.

Principaux Développements
• Un projet de loi sur la surveillance électronique promulgué; celui-ci peut dissuader les reportages.
• La Cour constitutionnelle aboli la disposition du code pénal réprimant la sédition, véritable arme du gouvernement contre ces détracteurs dans la presse.

Statistique Cle
5 journalistes agressés lors d'affrontements entre des forces de sécurité et des membres du royaume du Buganda.


Les autorités ougandaises ont harcelé et obstrué des journalistes faisant des reportages sur deux événements qui ont secoué le pays: un incendie qui a détruit un lieu vénéré du royaume du Buganda et deux attentats terroristes dans la capitale Kampala. La presse a remporté une victoire juridique importante lorsque la Cour constitutionnelle a abrogé une loi pénale sur la sédition qui avait été utilisée pour museler les journalistes critiques envers le gouvernement. Mais de nouvelles menaces à la liberté de presse on jailli à travers une loi radicale sur la surveillance qui pourrait dissuader les reportages, et un projet de loi qui pourrait élargir les pouvoirs de réglementation sur les journaux. Dans la foulée, des responsables et des militants du parti au pouvoir ont agressé des journalistes qui assuraient la couverture des activités des candidats de l'opposition lors d'un scrutin local, un mauvais présage, alors que le pays se préparait pour les élections présidentielles et parlementaires de 2011.

Principaux développements
• Des reporters attaqués, harcelés au cours des troubles à Kampala.
• Les affaires pénales s'empilent pendant que la Cour suprême examine une contestation constitutionnelle.
Statistique clé
22: Chef d'accusations pénales en instance contre Andrew Mwenda, un journaliste politique de premier plan.

Les forces de sécurité gouvernementales ont intimidé et harcelé les journalistes critiquant la gestion du gouvernement, notamment les commentateurs politiques animant les nombreux et populaires talk shows radiophoniques. Les lois sur la diffamation et sur la sédition ont été les armes principales de l'offensive juridique du gouvernement contre la presse, bien qu'une affaire pendante devant la Cour suprême laisse un espoir que ces textes soient déclarés anticonstitutionnels.
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