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Somalie


Les journalistes perdent leurs vies à un rythme élevé en couvrant des manifestations dans le monde arabe et ailleurs. Les photographes et les journalistes indépendants semblent vulnérables. Le Pakistan est à nouveau le pays le plus meurtrier pour la presse dans le monde. Telles sont les grandes lignes du rapport annuel d CPJ sur la violence meurtrière contre la presse.

En Egypte, les manifestants réclamant le changement démocratique se réunissent à la place Tahrir. (AFP)

New York, le 26 septembre 2011--Quatre militaires de l'Union africaine (UA) déployés en Somalie ont été suspendus et renvoyés dans leur pays d'origine, le Burundi, pour un éventuel procès après qu'une enquête interne a révélé qu'ils sont responsables de la mort par balle d'un journaliste malaisien ce mois-ci. Dans un communiqué publié aujourd'hui, la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) s'est excusée de cette fusillade qui a également blessé un autre journaliste malaisien.

Indice de l'impunité du CPJ en 2011

À travers l'Afrique, les gouvernements criminalisent le journalisme d'investigation

Le président sortant de la Cote d'Ivoire Laurent Gbagbo, qui s'accroche au pouvoir après une dispute post-électorale, parle aux journalistes au sortir d'un bureau de vote d'Abidjan (AFP/Issouf Sanogo)

Par Mohamed Keita

À travers l'Afrique, l'émergence du journalisme d'investigation et l'absence de lois effectives sur l'accès à l'information ont établi une trajectoire de collision dans laquelle les autorités, déterminées à voiler leurs activités, opèrent agressivement pour démasquer les sources confidentielles des journalistes et criminaliser la possession de documents administratifs divulgués dans la presse. Du Cameroun au Kenya, de l'Afrique du Sud au Sénégal, les représailles gouvernementales ont abouti à des emprisonnements, à des actes violences, à des menaces et au harcèlement judiciaire. Au moins deux décès suspects, notamment ceux d'un directeur de publication et d'une source confidentielle, ont été signalés sur fond de représailles gouvernementales contre le journalisme d'investigation.

Principaux Développements
• Le pays africain le plus dangereux pour la presse. Deux journalistes tués en 2010.
• Les combattants islamistes insurgés, menés par les miliciens extrémistes shebab, ferment, s'emparent des principales stations de radio.

Statistique Cle
59 journalistes somaliens en exil. La Somalie est le pays qui compte le deuxième plus grand nombre de journalistes en exil au monde, après l'Ethiopie.

La Somalie est restée le pays africain le plus dangereux pour la presse. Deux journalistes ont été tués au cours de l'année en relation directe avec leur travail, ce qui porte le nombre de décès à 23 depuis 2005. Le conflit entre les groupes d'insurgés islamistes et le faible gouvernement fédéral de transition soutenu par les troupes de l'Union africaine (UA) a continué d'encourager l'exode régulier de journalistes qui cherchent à échapper à la violence meurtrière, la censure sévère et le harcèlement. Une étude du CPJ sur les journalistes en exil en 2010, publié en juin, a révélé qu'au moins 16 journalistes avaient fui le pays au cours des 12 mois précédents, avec 59 ayant choisi l'exil au cours de la décennie. Les journalistes qui sont restés au pays pratiquent une extrême autocensure pour survivre.

Au moins 42 journalistes ont été tués en 2010, du fait de l'émergence de deux tendances, notamment les attentats-suicides et les manifestations de rue violentes qui ont causé la hausse inhabituelle de la proportion de décès. Aussi, le nombre de journalistes en ligne est-il de plus en plus considérable dans le bilan des victimes, selon un rapport spécial du CPJ.

Un attentat suicide en décembre au district tribal de Mohmand a couté la vie à deux journalistes. (Reuters/Umar Qayyum)
Mukhtar Mohamed Hirabe, assassiné le 8 juin 2009 à Mogadiscio en Somalie. (NUSOJ)New York, le 19 avril 2010—La violence meurtrière, impunie contre la presse s’est accrue aux Philippines et en Somalie, selon un nouvel Indice de l’impunité du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) dans son l’indice représente une liste des pays où les journalistes sont tués régulièrement en raison de leur travail et où les gouvernements n’élucident pas de tels crimes. L'impunité des meurtres de journalistes s’est également accrue de manière significative en Russie et au Mexique, deux pays où la violence contre les médias presse s’est installé depuis longtemps.

Principaux développements
• Al-Shabaab terrorise les médias par la violence, les menaces, la censure.
• De nombreux journalistes locaux fuient en exil, laissant un vide dans la couverture médiatique
Statistique clé
6: Journalistes tués en rapport direct avec leur travail en 2009.

Le reportage par texto, pour le meilleur et pour le pire

Par Tom Rhodes

Pendant que les bulletins de vote de l'élection présidentielle kényane étaient dépouillés dans l'ensemble des circonscriptions du pays, les reporters communiquaient le décompte en cours directement par texto aux rédactions centrales à Nairobi. Les résultats, régulièrement réactualisés sur Internet et sur d'autres médias, semblaient alors indiquer que le candidat de l'opposition Raïla Odinga se dirigeait vers une victoire historique.

Une violence débridée s'est emparée d'un pays tristement habitué au chaos et aux souffrances, alors qu'un gouvernement fédéral faible cherchait à repousser des insurrections au sud et au centre du pays. En 2008, deux journalistes ont été tués dans la ville portuaire de Kismayo au sud pérennisant un climat national violent à l'encontre de la presse qui a coûté la vie à neuf journalistes en deux ans. Au moins 21 reporters somaliens ont pris l'exil, selon les données du CPJ, bien que le Syndicat national des journalistes somaliens estime que des dizaines de plus ont fui leur domicile par crainte de représailles. Les risques se sont encore accrus en 2008 avec deux enlèvements de cinq journalistes au total, dont trois étaient encore détenus à la fin 2008 dans l'attente d'une rançon.

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Coordonnateur du plaidoyer pour l’Afrique:
Mohamed Keita

Consultant pour l'Afrique de l'Est:
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