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Tanzanie


Les attaques et menaces contre les journalistes s’intensifient, pendant la période charnière qui conduit aux élections présidentielles et législatives de 2015, où la dissidence publique gagne du terrain. La police a été soupçonnée d'être l’auteur d’un tiers des attaques contre la presse. En mars, des inconnus ont brutalement attaqué un journaliste chevronné. En fin d’année cependant, les autorités n'étaient toujours pas en mesure d’identifier le mobile, les auteurs, ou les cerveaux de l’agression. Ce regain de menaces et d’attaques se produit dans un contexte marqué par l’adoption de lois anti-presse. Le CPJ a identifié 17 lois répressives vis-à-vis des médias, notamment la loi interdisant toute publication jugée séditieuse par le gouvernement. Depuis cinq ans, les autorités tanzaniennes ont promis d'étudier la législation, mais, a la fin de l’année dernière, aucun changement n’a été observé. Le CPJ a constaté que ces lois ont été utilisées pour contraindre la presse indépendante à l'autocensure. L’hebdomadaire critique MwanaHalisi, a été indéfiniment réduit au silence en application de la loi de 1976 sur la presse.

Les journaux prospèrent dans certaines parties de l'Afrique, mais le pouvoir des annonceurs signifie qu'ils peuvent souvent tranquillement contrôler ce qui est publié. Par Tom Rhodes

Les Kenyans lisent la couverture des élections dans le bidonville de Mathare à Nairobi, la capitale, le 9 Mars 2013. Une des raisons que les recettes publicitaires l'emportent sur les ventes de journaux en Afrique de l'Est est que plusieurs lecteurs se partagent un même exemplaire pour économiser de l'argent. (Reuters / Goran Tomasevic)

Un journaliste a été tué idans l'exercice de ses fonctions en septembre en Tanzanie, ce qui constitue la première perte de la presse depuis que le CPJ a commencé à documenter minutieusement les meurtres de journalistes il ya de cela 20 ans. Selon des témoins, la police a attaqué le journaliste chevronné de télévision Daudi Mwangosi, lorsque ce dernier s'était opposé aux agents de police venus arrêter un autre journaliste lors d'un rassemblement de l'opposition. Dans l'échauffourée, Mwangosi, qui travaillait pour la chaîne privée Channel 10, a été abattu à bout portant par une bombe lacrymogène et est mort sur-le-champ selon des médias. Les autorités ont arrêté un officier subalterne impliqué dans le meurtre, mais au moins six autres officiers censés être impliqués dans l'assassinat n'ont pas été interpellés, selon un rapport publié par le Conseil tanzanien des médias indépendants. D'autre part, le gouvernement se prévaut de 17 lois répressives portant sur les médias pour sévir contre la diffusion d'informations sensibles à l'égard du pouvoir. En vertu de la loi de 1976 sur la presse, le ministère de l'Information a ainsi interdit pour une durée indéterminée l'hebdomadaire en langue swahili MwanaHalisi en juillet sur de vagues accusations de sédition et de diffusion d'informations mensongères dans des articles non spécifiés. Le directeur de publication du journal, Jabir Idrissa, a déclaré qu'il soupçonnait que la publication a été ciblée pour avoir couvert la grève des médecins dans le pays et l'enlèvement et la torture de Steven Ulimboka, un médecin dirigeant des grévistes. Les reportages du journal MwanaHalisi avaient affirmé que les autorités étaient impliquées dans l'agression d'Ulimboka, mais selon des médias, le gouvernement a nié ces allégations.

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