

New York, le 29 avril 2010—Aux Philippines, des membres d’un clan politique massacrent plus de 30 professionnels des médias et se débarrassent de leurs corps dans des fosses communes. Au Sri Lanka, un éminent éditeur qui a critiqué les autorités est tellement sûr d’être la cible de représailles qu’il prédit son propre assassinat. Au Burkina Faso, des agresseurs criblent de balles un journaliste enquêtant sur l’affreux meurtre d’un employé de la présidence et brulent sa voiture. Dans tous ces cas, ainsi que dans des centaines d’autres meurtres de journalistes dans le monde, personne n'a jamais été condamné.
Tunis, 3 juillet 2008- Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé, mercredi, au terme d’une mission d’enquête de dix jours en Tunisie sur le modèle tunisien en matière d’asphyxie de la presse indépendante, par voie de harcèlement, intimidation et emprisonnement, à la libération immédiate du journaliste Slim Boukhdhir.
Collaborateur à de nombreux journaux tunisiens et arabes d’information en ligne, Boukhdir purge actuellement une peine d’un an à la prison de Sfax, environ 225 Km au sud de la capitale Tunis, pour « offense à l’égard d’un agent de la fonction publique » et « atteintes aux bonnes moeurs ». Les deux charges retenues contre le journaliste sont considérées comme montées de toutes pièces. Boukdhir a été arrêté en novembre 2007 et condamné à un an de prison, le mois suivant.