New York, le 16 juillet 2002--Israel Jacky Cantave, journaliste
de radio haïtien, est porté disparu depuis la nuit dernière.
Ses collègues craignent qu'il ait été kidnappé
à cause de son travail d'investigation.
Guyler C. Delva, président de l'Association des journalistes
haïtiens, a déclaré au Comité pour la protection
des journalistes (CPJ) que Cantave, qui couvre des points chauds de
l'actualité pour Radio Caraïbes, a quitté lundi
la station de radio de Port-au-Prince avec son cousin, Frantz Ambroise,
après avoir fini le journal de 22h.
On ne sait rien de Cantave et Ambroise depuis 23h, la nuit dernière,
lorsque Cantave a appelé sa femme pour lui dire qu'il rentrait
à la maison. A cause de menaces répétées,
Cantave passait la nuit dans différents endroits.
La voiture de Cantave a été retrouvée ce matin
à Delmas, un faubourg de Port-au-Prince. Son téléphone
cellulaire et ses clés se trouvaient toujours dans le véhicule.
Delva a confié a CPJ que, hier encore, Cantave avait reçu
la dernière d'une série de menaces : un coup de téléphone
lui annonçant que son nom ne serait bientôt plus Cantave
mais "Cadavre". "Mais, a ajouté Delva, il recevait tellement
de menaces qu'il ne savait pas quand il devait en prendre une plus
au sérieux que d'autres."
Dans son journal radio du 15 juillet, Cantave avait diffusé
un reportage à propos de l'enquête sur le meurtre du fameux
journaliste Jean Léopold Dominique en avril 2000, a précisé
Delva.
"Nous sommes extrêmement préoccupés par le kidnapping
évident de Cantave," a déclaré la directrice
de CPJ, Ann Cooper. "Nous demandons aux authorités haïtiennes
de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour déterminer où
se trouvent Cantave et son cousin et pour les ramener sains et saufs.
"
Le mois dernier, durant une mission de recherche de trois jours à
Port-au-Prince, une délégation de CPJ a constaté
que les journalistes en Haïti font face à une atmosphère
d'intimidation et de peur. Des journalistes haïtiens ont parlé
à CPJ d'attaques violentes et de menaces qui restent en grande
partie impunies. Certains ont été obligés de
se censurer, de se cacher ou même de quitter le pays.
FIN