Les défis faisant face au gouvernement
fédéral de transition, soutenu par les forces éthiopiennes et par le
gouvernement américain, ont été multiples et importants. Le gouvernement a
d'abord lutté pour conserver le contrôle du territoire. Fin 2008, il
s'accrochait à Mogadiscio et à Baidoa, au centre du pays, mais les groupes insurgés
islamistes, vaguement associés entre eux, contrôlaient la majeure partie du sud
et du centre de la Somalie. En juin, les Nations unies ont joué les médiateurs
dans une négociation de paix entre le gouvernement et l'opposition de
l'Alliance pour le re-libération de la Somalie. Cependant, les insurgés d'Al-Shabaab, tenants d'une ligne dure, se sont opposés à
l'accord. Civils et journalistes ont continué à être la cible de tous les
acteurs du conflit. Les combattants d'Al-Shabaab et les troupes éthiopiennes
étant accusées de certaines des pires violations des droits de l'homme.
Plusieurs milliers de civils ont trouvé la mort et plus d'un million ont été
déplacés par la violence, selon les données des associations de droits de
l'homme et de l'Onu.
Hassan Kafi Hared, 38 ans, reporter
pour l'Agence nationale somalienne d'information, a été tué en janvier au cours
d'une attaque en mi-journée sur un véhicule d'assistance médicale à Kismayo,
selon la presse et des journalistes locaux. Une mine télécommandée avait
détruit le véhicule de Médecins sans frontières-Hollande, tuant deux
humanitaires et le chauffeur. Des gardes de sécurité de l'organisation
caritative ont ouvert le feu autour du véhicule après l'explosion, selon le
témoignage de journalistes locaux au CPJ. Hared et un jeune garçon, qui
marchaient près du véhicule, ont été tués. Il n'est pas clair si Hared est mort
de l'explosion ou des tirs ; son corps a été retrouvé criblé à la fois de
balles et d'éclats de mine, selon les journalistes locaux.
La mort de Hared a été rapportée par
son confrère somalien Nasteh Dahir Farah, dans une chronique parue dans
l'édition du printemps de Dangerous
Assignments, le magazine du CPJ. A peine quelques semaines plus tard, Farah
était tué à son tour. Agé de 27 ans, vice-président du Syndicat national des
journalistes somaliens et collaborateur de plusieurs médias locaux et
internationaux, Farah a été tué en juin par balle par deux hommes à Kismayo
alors qu'il se rendait à pied de son domicile à un café Internet. Dans un
rapport, le syndicat des journalistes a dit que Farah avait été tué par des
insurgés en représailles de son travail.
En mai, des insurgés ont ouvert le feu sur Bisharo Mohammed Waeys, présentatrice de la chaîne privée Eastern Television Network, alors qu'elle se rendait en voiture chez elle. Elle n'a pas été blessée. Mohammed, basée dans la ville portuaire de Bossasso, dans la région semi autonome du Puntland, a déclaré au CPJ qu'elle avait quitté son travail et le pays après cette attaque et une série de menaces par texto. Le directeur de la station, Abdiwali Sheikh Ahmed, a déclaré que deux autres responsables de la rédaction avaient reçu des menaces par email depuis une adresse « shabab114 ».
La Canadienne Amanda Lindhout,
l'Australien Nigel Brennan et le Somalien Abdifatah Mohamed rentraient
d'une série d'entretiens avec des réfugiés à Celasha Biyaha quand ils ont été
enlevés sur la route Afgoye-Mogadiscio, en août, selon la presse et des sources
du CPJ. Tous trois freelance, ils étaient toujours prisonniers dans l'attente
d'une rançon en fin d'année, selon de nombreuses sources du CPJ. Fin novembre,
deux journalistes internationaux, le Britannique Colin Freeman et le
photographe espagnol José Cendon, ont été kidnappés à la sortie de leur hôtel à
Bossasso. En reportage pour le Daily
Telegraph de Londres, ils travaillaient sur la piraterie dans la région du
Golfe d'Aden. Freeman et Cendon ont été relâchés indemnes en janvier 2009.
« La situation s'est beaucoup
détériorée », a témoigné Emilio Manfredi, un journaliste freelance
italien. Manfredi dit qu'en novembre, un voyage pour un reportage à Mogadiscio
nécessitait dix gardes armés et trois véhicules. En début d'année, une telle
mission, déjà dangereuse, demandait trois gardes et une voiture.
Au cours de l'année, le CPJ a collecté
des informations sur 21 cas de harcèlement gouvernemental, dont la détention de
journalistes et la fermeture de médias. En mars, les troupes gouvernementales
ont opéré une descente dans trois stations de radio privées dans le très volatile marché
Bakara à Mogadiscio après de durs combats dans la zone. Les journalistes de
HornAfrik, Radio Shabelle et Radio Simba ont dit au CPJ que les soldats avaient
saisi des ordinateurs, des mixeurs de son, des micros et d'autres matériels. Les
trois stations ont repris leur diffusion peu après. Des journalistes locaux
pensent que ces raids visaient à empêcher ces radios de couvrir le pillage par
les soldats gouvernementaux dans le district central de Howl-Waadaag. Le
ministre de l'Information Abdisalam a nié toute responsabilité dans ces raids.
Les insurgés ont aussi censuré les radios. En
décembre, Radio Markabley, station au sud-ouest de la Somalie, a été fermée par
les forces insurrectionnelles après avoir diffusé des chants pendant la fête
musulmane de l'Aïd al-Adha, selon le syndicat des journalistes.
Jusqu'en fin d'année, la république septentrionale
autoproclamée du Somaliland a été épargnée par la violence quotidienne qui
déchire le reste du pays. Cependant, en octobre,
trois attaques à la bombe ont tué 19 personnes dans la capitale du Somaliland,
Hargeisa. Les agents de la sécurité d'Etat ont détenu le journaliste freelance
Hadis Mohammed pendant deux semaines et sans explication après qu'il a couvert
ces attentats. Plusieurs autres journalistes du Somaliland ont été détenus
arbitrairement et harcelés par les forces de sécurité tout au long de l'année.
SYNTHESES PAR PAYS
Analyse Cameroun Ethiopie Kenya Niger Ouganda République Démocratique
du CongoRwanda Sénégal Somalie Zimbabwe Attaques contre la presse: En bref

Delicious
Digg
Google
Reddit
StumbleUpon


